lundi 1 juin 2015

Les jihadistes au service de l’impérialisme

Les jihadistes au service de l’impérialisme

Publié par wikistrike.com sur 1 Juin 2015, 15:46pm
Cheikh Youssouf al-Qaradawi, prédicateur vedette des Frères musulmans et télé-coraniste sur al-Jazeera. Il bénit les jihadistes en Syrie et en Irak et affirme, sans rire, que si Mahomet était vivant aujourd’hui, il s’allierait à l’Otan.
Cheikh Youssouf al-Qaradawi, prédicateur vedette des Frères musulmans et télé-coraniste sur al-Jazeera. Il bénit les jihadistes en Syrie et en Irak et affirme, sans rire, que si Mahomet était vivant aujourd’hui, il s’allierait à l’Otan.
Les gouvernements occidentaux ne font plus mystère d’utiliser les jihadistes. Ainsi l’Otan a t-elle renversé Mouamar el-Kadhafi en utilisant al-Qaïda comme seule troupe au sol ; Israël a-t-il renvoyé la Force des Nations unies au Golan et l’a-t-il remplacée par al-Nosra ; la Coalition internationale anti-Daesh a-t-elle laissé tomber Palmyre pour nuire à la Syrie. Mais si l’on comprend les intérêts occidentaux, on ne parvient pas à saisir pourquoi et comment des jihadistes peuvent servir l’Oncle Sam au nom du Coran.

 se demande souvent comment le Pentagone et la CIA font pour manipuler des millions de musulmans et en envoyer se battre pour les intérêts de l’Oncle Sam. Certes, certains leaders sont des agents rémunérés, mais les jihadistes dans leur ensemble croient se battre et mourir pour aller au Paradis. La réponse est enfantine : en partant de la rhétorique des Frères musulmans, il est possible de s’évader de la réalité humaine et de les envoyer tuer n’importe qui dès que l’on agitera un foulard rouge sous leurs yeux.
Officiellement l’Émirat islamique ne reconnaît plus l’autorité d’Ayman al-Zawahiri et s’est donc séparé d’al-Qaïda. Pourtant, en de nombreux endroits, comme au Qalamoun, il reste impossible de les distinguer, les mêmes jihadistes revendiquant les deux étiquettes à la fois.
Bien sûr, on pourra objecter que cette querelle n’est qu’une affaire de personnes ; Abu Bakr al-Baghdadi voulant simplement être chef à la place du chef. Pourtant, si les deux organisations ont exactement les mêmes pratiques, elles développent des discours fort différents.
Leur point commun, ce sont les slogans des Frères musulmans : « Le Coran est notre Constitution », « L’islam est la solution ». La vie pieuse est donc toute simple. Peu importe que le Créateur nous ait faits intelligents, il faut en toutes circonstances appliquer la Parole de Dieu comme une machine. Et lorsque la situation n’est pas traitée dans le Livre, il suffit de tout casser. Le résultat est évidemment catastrophique et nulle part ces organisations n’ont été capables d’instaurer le début des prémices de la société parfaite qu’elles appellent de leur vœux.
Leur histoire fait leur différence. De 1979 à 1995, c’est-à-dire de l’opération de la CIA en Afghanistan à la Conférence arabe populaire et islamique de Khartoum, les mercenaires d’Oussama Ben Laden luttaient contre l’Union soviétique avec l’aide publique des États-Unis. De 1995 à 2011, c’est-à-dire de la Conférence de Khartoum à l’opération « Trident de Neptune », al-Qaïda tenait un discours contre « les juifs et les croisés » tout en poursuivant sa lutte contre la Russie en Yougoslavie et en Tchétchénie. Et depuis 2011, c’est-à-dire depuis le « Printemps arabe », il soutient l’Otan en Libye et Israël à la frontière du Golan. D’une manière générale, l’opinion publique occidentale n’a pas suivie cette évolution. Elle est convaincue du danger d’un mythique expansionnisme russe, persiste à attribuer les attentats du 11-Septembre aux jihadistes, n’a pas réalisé ce qui s’est passé en Libye et à la frontière israélienne, et conserve du coup l’idée erronée qu’al-Qaïda serait une organisation terroriste anti-impérialiste. Les arabes, quant à eux, ne se basent pas sur les faits, mais choisissent selon les cas la réalité ou la propagande occidentale de manière à s’inventer une narration romantique.
De son côté, l’Émirat islamique s’éloigne du Coran et se rapproche des néo-conservateurs. Il assure que les ennemis prioritaires sont d’autres musulmans : les chiites et leurs alliés. Il oublie donc l’épisode bosniaque durant lequel la Légion arabe de Ben Laden était soutenue à la fois par les États-Unis, l’Arabie saoudite et l’Iran. Mais qui sont donc les alliés des chiites ? la République arabe syrienne (laïque) et le Jihad islamique palestinien (sunnite). En d’autres termes, l’Émirat islamique lutte prioritairement contre l’Axe de la Résistance à l’impérialisme. De facto, il assume être un allié objectif des États-Unis et d’Israël au « Moyen-Orient élargi », même s’il affirme en être théoriquement l’ennemi.
La malléabilité des deux organisations réside dans l’idéologie de base, celle des Frères musulmans. Il est donc logique que la quasi totalité des chefs jihadistes ait été membre, à un moment ou à un autre, d’une branche ou d’une autre de la Confrérie. De même est-il logique que la CIA n’ait pas uniquement soutenu les Frères musulmans égyptiens, depuis leur réception à la Maison-Blanche par le président Eisenhower en 1955, mais toutes ses branches étrangères et tous ses groupes dissidents. En définitive, le califat dont rêvait Hassan el-Bana et que prétendent vouloir Ayman al-Zawahiri et Abu Bakr al-Baghdadi, n’est pas la reproduction de l’Age d’or de l’islam, mais le règne de l’obscurantisme.
Ce que confirmait Laurent Fabius en 2012, c’est-à-dire avant la scission entre al-Qaïda et Daesh, en confiant : « Sur le terrain, ils font du bon boulot ! »

samedi 16 mai 2015

Pourquoi les révolutions de couleur de la CIA échouent-elles en Afrique noire?

Pourquoi les révolutions de couleur de la CIA échouent-elles en Afrique noire?

Pourquoi les révolutions de couleur de la CIA échouent-elles en Afrique noire?
La tentative de coup d’État au Burundi reproduit presque intégralement les scénarios de renversements avortés de dirigeants africains inspirés par la CIA. Ces fameux scénarios de révolutions de couleur, mécaniquement projetés d’Europe de l’Est sur le sol africain. Mais en vain.
C’est seulement à première vue que Washington semble déstabiliser méthodiquement la situation dans les pays d’Afrique en suivant un plan précis couché sur papier avec des points, des dates d’exécution et des noms de responsables de la CIA. Même dans les années les plus tumultueuses de la Guerre Froide pour la politique étrangère américaine, la politique des USA en Afrique était en fait un ensemble de réactions chaotiques à une politique bien plus active de l’URSS.
Même si, après que les États africains ont acquis massivement leur souveraineté en 1960 (17 États ont obtenu leur indépendance cette année-là) l’URSS suivait avec méfiance le processus de décolonisation, Moscou a tout de même pris l’initiative aux USA parce qu’en Afrique noire, elle n’avait pas besoin de se faire des alliés. La grande majorité des mouvements anticoloniaux arrivés au pouvoir naturellement dans les pays d’Afrique étaient plus ou moins marxistes. Ils se distinguaient uniquement par le niveau d’éducation des personnalités concrètes et les particularités nationales de leur mouvement de libération. L’URSS a réussi à attirer dans son camp une majorité écrasante d’États d’Afrique noire, malgré tous les concepts développés par les anciennes métropoles européennes.Les métropoles s’y sont opposées de diverses manières. La France et la Grande-Bretagne ont été les premières à se rendre, alors que le Portugal s’est battu jusqu’au bout, ce qui a déterminé le niveau d’influence de l’URSS en Afrique par régions. Les mouvements de libération des colonies portugaises — Mozambique et Angola — avaient particulièrement besoin d’aide financière et militaire. Au final, c’est dans ces pays que l’influence de l’Union Soviétique était la plus forte.
Les USA se sont ressaisis seulement quand la majeure partie de l’Afrique était déjà perdue. Toutefois, la Grande-Bretagne a conservé une influence conséquente sur ses anciennes colonies via le Commonwealth, même dans les pays où une guerre de libération sanglante était en cours (par exemple au Kenya). Mais les Britanniques avaient un avantage indéniable: ils étaient « locaux » dans une certaine mesure. Ils ont conservé les liens personnels, la propriété, ils comprenaient la situation ethnique et pouvaient à leur manière maintenir leur influence dans certaines anciennes colonies qui n’étaient pas atteintes par le socialisme ou le nationalisme africain. Les USA n’avaient pas de tels appuis en Afrique, et n’en ont toujours pas. Face à l’échec total et à l’abandon d’un continent presque entier entre les mains des communistes, la CIA a utilisé la « démocratie invasive » — ce qu’elle fait le mieux. Un exemple classique en est l’ingérence directe dans la guerre civile au Congo, l’assassinat de Patrice Lumumba, l’étrange histoire de l’avion abattu, transportant le secrétaire général de l’Onu Dag Hammarskjöld. Dans la plupart des cas, les méthodes terroristes de la CIA en Afrique n’ont pas fonctionné et les USA n’ont pas réussi à établir de contrôle ne serait-ce que sur un seul pays.
Langley n’a pas tiré les leçons de ces échecs et a achevé la crise des changements idéologiques aux USA. L’abandon par la CIA des opérations de force a coïncidé avec le triomphe progressif de la tolérance, et au final les actions de l’agence sont tombées dans le même piège du faux internationalisme qu’en URSS. Les USA ont cessé de distinguer les particularités nationales au sein des pays d’Afrique et les contradictions qui les opposaient, comme les différends entre les groupes ethniques et leurs particularités religieuses. A cela s’ajoute l’attitude controversée envers l’Afrique du Sud — vis-à-vis de l’apartheid et du gouvernement blanc de la Rhodésie. La communauté internationale libérale a de facto contraint les USA et le Royaume-Uni à abandonner à leur triste sort les gouvernements blancs en Afrique du Sud et en Rhodésie, en les anéantissant par les sanctions alors qu’ils résistaient. Finalement, les USA se sont eux-mêmes exclus de la bataille pour ces pays et par la même occasion, de pratiquement toute la région sud de l’Afrique.
Le génocide des Tutsis au Rwanda fut une autre erreur fondamentale de la CIA. Ou plutôt l’incompréhension totale de la question dont ont fait preuve les services de renseignements occidentaux, passés totalement à côté d’un conflit interethnique flagrant, vieux de plus de cent ans. Mais aucune conclusion n’a été tirée — la situation actuelle au Burundi a peu à voir avec la « lutte pour la démocratie ». Il s’agit d’une confrontation similaire à celle qui opposait les Hutus et les Tutsis, mais dans d’autres conditions. Et peu importe, dans les conditions de haine raciale, de savoir combien de fois un président a été réélu quelque part. Un autre représentant des Hutus sera élu au Burundi, ce qui ne simplifiera pas la vie des Tutsis. Même si la Constitution était réécrite encore une fois. Comme le montre l’expérience des pays voisins, même l’établissement de quotas dans les parlements pour les minorités ethniques ne protège pas contre les massacres.
Par la suite, la politique des USA fut davantage définie par l’idéologie plutôt que par les intérêts pragmatiques. Les États-Unis ne considèrent toujours pas l’Afrique comme une sorte de suite du schéma idéologique selon lequel les valeurs libérales mondiales peuvent être inculquées de force à tout moment, dans n’importe quel pays et à n’importe quel peuple. La méthodologie utilisée à ces fins ne se distingue en rien de celle employée en Europe orientale. En faisant appel aux ONG spécialisées, la CIA crée dans un ou quelques pays d’Afrique un noyau de jeunes ayant suivi des stages spéciaux. L’ambassade se charge d’inventer comment relier ce groupe aux réalités locales, par exemple par des slogans qui « sonnent bien ». Après cela on lance un mécanisme de « maïdan » en l’adaptant aux réalités locales, c’est-à-dire avec encore plus de bruit, de poussière et de cris. On suppose que le comportement de toute société africaine dans ces circonstances, sous la pression d’ONG artificielles, sera le même qu’en Serbie, en Géorgie et en Ukraine.
Mais en Afrique cette méthodologie ne fonctionne pas. Les efforts de la CIA se sont concentrés sur le Burkina Faso, qu’il était prévu de transformer en point d’appui. C’est ici que sont organisés les stages pour les jeunes du Congo, du Cameroun, d’Angola, du Rwanda, d’Ouganda, de Centrafrique, du Nigeria, du Niger, du Mali, du Ghana et de Guinée. C’est d’ici qu’ils partent à destination des pays « cibles », sachant que ces groupes ne sont pas forcément composés de représentants des tribus locales. C’est pourquoi on ne parvient pas à organiser de « maïdan » au Congo par les représentants de jeunesse des ONG du Burkina Faso, qui ethniquement n’ont rien à voir avec les peuples congolais. Ce maïdan raté a été supervisé par un agent de l’ambassade américaine à Kinshasa, qui a été simplement arrêté par les forces de sécurité locales.
A titre de prétexte pour ces révolutions de couleur, on utilise en général les élections législatives ou la présidentielle. C’est ainsi qu’on avait tenté de renverser en 2013 au Zimbabwe Robert Mugabe en lui imposant Morgan Tsvangirai, de l’opposition, au poste de premier ministre. Mais Mugabe a quand même gagné grâce à l’appui du principal groupe ethnique du pays — Shona — et il a pratiquement enfermé ses opposants politiques (en réalité — tribaux) Ndébélés dans des réserves en mettant leur territoire à feu et à sang.
Même histoire au Kenya en 2013, quand les résultats de la présidentielle ont été contestés « dans la rue » à l’instar du scénario de Kiev. Mais la situation est devenue incontrôlable parce que la manifestation « pour les valeurs démocratiques » a dégénéré une nouvelle fois en conflit intertribal où les Kikuyus, habitués au pouvoir, ont à nouveau vaincu les peuples côtiers et des montagnes, peu nombreux. Cette fois, les Européens ont dû intervenir pour mettre fin aux pogroms et aux massacres. Du point de vue de la CIA, il ne peut y avoir aucune contradiction de nature intertribale ou interraciale dans les élections, parce que ce n’est pas prévu par l’idéologie dominante aux USA. Mais la réalité refuse de se soumettre: il demeure impossible de créer une société libérale parfaite en Afrique par le biais d’innombrables coups d’État, guerres civiles, pogroms et éclats de violence et de haine.
De la même manière ont échoué les tentatives de forcer les Européens à se concentrer sur les problèmes humanitaires du continent africain en adoptant à nouveau une idée libérale sur la cause de tous ces problèmes. La lutte contre la pauvreté était supervisée à une époque par le FMI, ce à quoi s’opposent formellement les leaders de certains pays d’Afrique. Ils ne voulaient pas prendre d’engagements et ont commencé, lors de diverses conférences, à exiger simplement de l’argent des anciens colonisateurs. La position européenne d' »éternelles excuses » a conduit à un nouvel élan de nationalisme africain, qui cette fois n’était plus anticolonial mais rejetait tout ce qui était européen. Si pendant les années de libération de l’Afrique cette position était adoptée par certains dirigeants (essentiellement dans les pays francophones), aujourd’hui l’anti-européanisme teinté de religiosité est un thème commun pour la majeure partie de l’Afrique noire.
La tentative de « soigner tout le monde » menée par les compagnies pharmaceutiques européennes, américaines et canadiennes a également échoué. L’ex-président sud-africain Thabo Mbeki, qui dirigeait le « fer de lance de la nation », aile militaire du Congrès national africain, pendant la lutte contre l’apartheid, a nié publiquement l’existence du SIDA en tant que phénomène. Puis il s’est mis à blâmer les Blancs qui, selon lui, avaient inventé ces maladies avant de les envoyer sur les peuples d’Afrique. Très récemment, le président actuel d’Afrique du Sud Jacob Zuma a déclaré au Cap que la chrétienté importée par ces mêmes hommes blancs avait fortement nui aux peuples africains. Par conséquent, il convient de retourner aux origines de la civilisation africaine — aux anciennes traditions et croyances. Aucune révolution de couleur n’est possible dans ces conditions. La CIA se frappe la tête contre ses propres schémas idéologiques en refusant de regarder les choses en face. Les Américains préparent des spécialistes pour l’Afrique, ils manquent de ressources pour assurer réellement leur présence (aussi bien humaine que physique). Mais surtout — ils pensent sincèrement se trouver encore quelque part dans le centre de Tbilissi ou de Kiev, même quand ils voient par la fenêtre des palmiers, des girafes et le Kilimandjaro.

lundi 23 février 2015

Les Etats-Unis ont été en guerre 222 des 239 années de son existence

Les Etats-Unis ont été en guerre 222 des 239 années de son existence

Les Etats-Unis ont été en guerre 222 des 239 années de son existence
“Nous sommes un peuple de la guerre. Nous aimons la guerre parce que nous sommes très bons à la faire. En fait, c’est la seule chose que nous savons faire dans ce putain de pays: faire la guerre, on a eu beaucoup de temps de pratique et aussi parce que c’est sûr que nous ne sommes plus capables de construire une machine à laver ou une voiture qui vaille un pet de lapin ; par contre si vous avez plein de bronzés dans votre pays, dites leur de faire gaffe parce qu’on va venir leur foutre des bombes sur la gueule…”
~ George Carlin ~

Les Etats-Unis ont été en guerre 93% du temps de leur existence depuis leur création en 1776 c’est à dire 222 des 239 années de leur existence

Le pays n’a été en paix que 21 ans depuis sa création en 1776
Écrit par Danios en 2011 et repris par le Washington Blog
Février 2015
Ci-dessous j’ai reproduit une chronologie année par année des guerres des Etats-Unis, ce qui révèle quelque chose de vraiment intéressant:Depuis que les Etats-Unis ont été fondés en 1776, ils ont été en guerre 214 ans sur les 235 ans de leur existence (NdT: texte de 2011, une mise à jour a été faire en fin d’article donnant le chiffre avancé). En d’autres termes, il n’y a que 21 années de calendrier durant lesquelles les Etats-Unis n’ont mené aucune guerre.
Pour mettre ceci en perspective:
* Prenez n’importe quelle année au hasard depuis 1776 et il y a 91% (93% avec les chiffes ajustés à 2015) de chances que les Etats-Unis étaient impliqués dans une guerre au cours de cette année là.
* Aucun président des Etats-Unis ne se qualifie vraiment comme étant un président de temps de paix. De fait, tous les présidents des Etats-Unis qui se sont succèdés peuvent être tous considérés comme des “présidents en guerre”.
* Les Etats-Unis ne sont jamais restés une décennie complète sans être en guerre.
* La seule fois où les Etats-Unis sont demeurés 5 ans sans être en guerre (1935-40) fut durant la période isolationniste de la Grande Dépression.
*  *  *
Chronologie année par année des guerres majeures dans lesquelles les Etats-Unis ont été impliqués (1776-2011)
1776 – American Revolutionary War, Chickamagua Wars, Second Cherokee War, Pennamite-Yankee War
1777 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Second Cherokee War, Pennamite-Yankee War
1778 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War
1779 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War
1780 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War
1781 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War
1782 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War
1783 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War
1784 – Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War, Oconee War
1785 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War
1786 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War
1787 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War
1788 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War
1789 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War
1790 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War
1791 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War
1792 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War
1793 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War
1794 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War
1795 – Northwest Indian War
1796 – Pas de guerre majeure
1797 – Pas de guerre majeure
1798 – Quasi-War
1799 – Quasi-War
1800 – Quasi-War
1801 – First Barbary War
1802 – First Barbary War
1803 – First Barbary War
1804 – First Barbary War
1805 – First Barbary War
1806 – Sabine Expedition
1807 – Pas de guerre majeure
1808 – Pas de guerre majeure
1809 – Pas de guerre majeure
1810 – U.S. occupies Spanish-held West Florida
1811 – Tecumseh’s War
1812 – War of 1812, Tecumseh’s War, Seminole Wars, U.S. occupies Spanish-held Amelia Island and other parts of East Florida
1813 – War of 1812, Tecumseh’s War, Peoria War, Creek War, U.S. expands its territory in West Florida
1814 – War of 1812, Creek War, U.S. expands its territory in Florida, Anti-piracy war
1815 – War of 1812, Second Barbary War, Anti-piracy war
1816 – First Seminole War, Anti-piracy war
1817 – First Seminole War, Anti-piracy war
1818 – First Seminole War, Anti-piracy war
1819 – Yellowstone Expedition, Anti-piracy war
1820 – Yellowstone Expedition, Anti-piracy war
1821 – Anti-piracy war (see note above)
1822 – Anti-piracy war (see note above)
1823 – Anti-piracy war, Arikara War
1824 – Anti-piracy war
1825 – Yellowstone Expedition, Anti-piracy war
1826 – Pas de guerre majeure
1827 – Winnebago War
1828 – Pas de guerre majeure
1829 – Pas de guerre majeure
1830 – Pas de guerre majeure
1831 – Sac and Fox Indian War
1832 – Black Hawk War
1833 – Cherokee Indian War
1834 – Cherokee Indian War, Pawnee Indian Territory Campaign
1835 – Cherokee Indian War, Seminole Wars, Second Creek War
1836 – Cherokee Indian War, Seminole Wars, Second Creek War, Missouri-Iowa Border War
1837 – Cherokee Indian War, Seminole Wars, Second Creek War, Osage Indian War, Buckshot War
1838 – Cherokee Indian War, Seminole Wars, Buckshot War, Heatherly Indian War
1839 – Cherokee Indian War, Seminole Wars
1840 – Seminole Wars, U.S. naval forces invade Fiji Islands
1841 – Seminole Wars, U.S. naval forces invade McKean Island, Gilbert Islands, and Samoa
1842 – Seminole Wars
1843 – U.S. forces clash with Chinese, U.S. troops invade African coast
1844 – Texas-Indian Wars
1845 – Texas-Indian Wars
1846 – Mexican-American War, Texas-Indian Wars
1847 – Mexican-American War, Texas-Indian Wars
1848 – Mexican-American War, Texas-Indian Wars, Cayuse War
1849 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians
1850 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Yuma War, California Indian Wars, Pitt River Expedition
1851 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, Yuma War, Utah Indian Wars, California Indian Wars
1852 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Yuma War, Utah Indian Wars, California Indian Wars
1853 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Yuma War, Utah Indian Wars, Walker War, California Indian Wars
1854 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians
1855 – Seminole Wars, Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Yakima War, Winnas Expedition, Klickitat War, Puget Sound War, Rogue River Wars, U.S. forces invade Fiji Islands and Uruguay
1856 – Seminole Wars, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, California Indian Wars, Puget Sound War, Rogue River Wars, Tintic War
1857 – Seminole Wars, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, California Indian Wars, Utah War, Conflict in Nicaragua
1858 – Seminole Wars, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Mohave War, California Indian Wars, Spokane-Coeur d’Alene-Paloos War, Utah War, U.S. forces invade Fiji Islands and Uruguay
1859 Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, California Indian Wars, Pecos Expedition, Antelope Hills Expedition, Bear River Expedition, John Brown’s raid, U.S. forces launch attack against Paraguay, U.S. forces invade Mexico
1860 – Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Paiute War, Kiowa-Comanche War
1861 – American Civil War, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Cheyenne Campaign
1862 – American Civil War, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Cheyenne Campaign, Dakota War of 1862,
1863 – American Civil War, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Cheyenne Campaign, Colorado War, Goshute War
1864 – American Civil War, Texas-Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Cheyenne Campaign, Colorado War, Snake War
1865 – American Civil War, Texas-Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Colorado War, Snake War, Utah’s Black Hawk War
1866 – Texas-Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Snake War, Utah’s Black Hawk War, Red Cloud’s War, Franklin County War, U.S. invades Mexico, Conflict with China
1867 – Texas-Indian Wars, Long Walk of the Navajo, Apache Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Snake War, Utah’s Black Hawk War, Red Cloud’s War, Comanche Wars, Franklin County War, U.S. troops occupy Nicaragua and attack Taiwan
1868 – Texas-Indian Wars, Long Walk of the Navajo, Apache Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Snake War, Utah’s Black Hawk War, Red Cloud’s War, Comanche Wars, Battle of Washita River, Franklin County War
1869 – Texas-Indian Wars, Apache Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Utah’s Black Hawk War, Comanche Wars, Franklin County War
1870 – Texas-Indian Wars, Apache Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Utah’s Black Hawk War, Comanche Wars, Franklin County War
1871 – Texas-Indian Wars, Apache Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Utah’s Black Hawk War, Comanche Wars, Franklin County War, Kingsley Cave Massacre, U.S. forces invade Korea
1872 – Texas-Indian Wars, Apache Wars, Utah’s Black Hawk War, Comanche Wars, Modoc War, Franklin County War
1873 – Texas-Indian Wars, Comanche Wars, Modoc War, Apache Wars, Cypress Hills Massacre, U.S. forces invade Mexico
1874 – Texas-Indian Wars, Comanche Wars, Red River War, Mason County War, U.S. forces invade Mexico
1875 – Conflict in Mexico, Texas-Indian Wars, Comanche Wars, Eastern Nevada, Mason County War, Colfax County War, U.S. forces invade Mexico
1876 – Texas-Indian Wars, Black Hills War, Mason County War, U.S. forces invade Mexico
1877 – Texas-Indian Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Black Hills War, Nez Perce War, Mason County War, Lincoln County War, San Elizario Salt War, U.S. forces invade Mexico
1878 – Paiute Indian conflict, Bannock War, Cheyenne War, Lincoln County War, U.S. forces invade Mexico
1879 – Cheyenne War, Sheepeater Indian War, White River War, U.S. forces invade Mexico
1880 – U.S. forces invade Mexico
1881 – U.S. forces invade Mexico
1882 – U.S. forces invade Mexico
1883 – U.S. forces invade Mexico
1884 – U.S. forces invade Mexico
1885 – Apache Wars, Eastern Nevada Expedition, U.S. forces invade Mexico
1886 – Apache Wars, Pleasant Valley War, U.S. forces invade Mexico
1887 – U.S. forces invade Mexico
1888 – U.S. show of force against Haiti, U.S. forces invade Mexico
1889 – U.S. forces invade Mexico
1890 – Sioux Indian War, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Ghost Dance War, Wounded Knee, U.S. forces invade Mexico
1891 – Sioux Indian War, Ghost Dance War, U.S. forces invade Mexico
1892 – Johnson County War, U.S. forces invade Mexico
1893 – U.S. forces invade Mexico and Hawaii
1894 – U.S. forces invade Mexico
1895 – U.S. forces invade Mexico, Bannock Indian Disturbances
1896 – U.S. forces invade Mexico
1897 – Pas de guerre majeure
1898 – Spanish-American War, Battle of Leech Lake, Chippewa Indian Disturbances
1899 – Philippine-American War, Banana Wars
1900 – Philippine-American War, Banana Wars
1901 – Philippine-American War, Banana Wars
1902 – Philippine-American War, Banana Wars
1903 – Philippine-American War, Banana Wars
1904 – Philippine-American War, Banana Wars
1905 – Philippine-American War, Banana Wars
1906 – Philippine-American War, Banana Wars
1907 – Philippine-American War, Banana Wars
1908 – Philippine-American War, Banana Wars
1909 – Philippine-American War, Banana Wars
1910 – Philippine-American War, Banana Wars
1911 – Philippine-American War, Banana Wars
1912 – Philippine-American War, Banana Wars
1913 – Philippine-American War, Banana Wars, New Mexico Navajo War
1914 – Banana Wars, U.S. invades Mexico
1915 – Banana Wars, U.S. invades Mexico, Colorado Paiute War
1916 – Banana Wars, U.S. invades Mexico
1917 – Banana Wars, World War I, U.S. invades Mexico
1918 – Banana Wars, World War I, U.S invades Mexico
1919 – Banana Wars, U.S. invades Mexico
1920 – Banana Wars
1921 – Banana Wars
1922 – Banana Wars
1923 – Banana Wars, Posey War
1924 – Banana Wars
1925 – Banana Wars
1926 – Banana Wars
1927 – Banana Wars
1928 – Banana Wars
1930 – Banana Wars
1931 – Banana Wars
1932 – Banana Wars
1933 – Banana Wars
1934 – Banana Wars
1935 – Pas de guerre majeure
1936 – Pas de guerre majeure
1937 – Pas de guerre majeure
1938 – Pas de guerre majeure
1939 – Pas de guerre majeure
1940 – Pas de guerre majeure
1941 – World War II
1942 – World War II
1943 – Wold War II
1944 – World War II
1945 – World War II
1946 – Cold War (U.S. occupies the Philippines and South Korea)
1947 – Cold War (U.S. occupies South Korea, U.S. forces land in Greece to fight Communists)
1948 – Cold War (U.S. forces aid Chinese Nationalist Party against Communists)
1949 – Cold War (U.S. forces aid Chinese Nationalist Party against Communists)
1950 – Korean War, Jayuga Uprising
1951 – Korean War
1952 – Korean War
1953 – Korean War
1954 – Covert War in Guatemala
1955 – Vietnam War
1956 – Vietnam War
1957 – Vietnam War
1958 – Vietnam War
1959 – Vietnam War, Conflict in Haiti
1960 – Vietam War
1961 – Vietnam War
1962 – Vietnam War, Cold War (Cuban Missile Crisis; U.S. marines fight Communists in Thailand)
1963 – Vietnam War
1964 – Vietnam War
1965 – Vietnam War, U.S. occupation of Dominican Republic
1966 – Vietnam War, U.S. occupation of Dominican Republic
1967 – Vietnam War
1968 – Vietnam War
1969 – Vietnam War
1970 – Vietnam War
1971 – Vietnam War
1972 – Vietnam War
1973 – Vietnam War, U.S. aids Israel in Yom Kippur War
1974 – Vietnam War
1975 – Vietnam War
1976 – Pas de guerre majeure
1977 – Pas de guerre majeure
1978 – Pas de guerre majeure
1979 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan)
1980 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan)
1981 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua), First Gulf of Sidra Incident
1982 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua), Conflict in Lebanon
1983 – Cold War (Invasion of Grenada, CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua), Conflict in Lebanon
1984 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua), Conflict in Persian Gulf
1985 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua)
1986 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua)
1987 – Conflict in Persian Gulf
1988 – Conflict in Persian Gulf, U.S. occupation of Panama
1989 – Second Gulf of Sidra Incident, U.S. occupation of Panama, Conflict in Philippines
1990 – First Gulf War, U.S. occupation of Panama
1991 – First Gulf War
1992 – Conflict in Iraq
1993 – Conflict in Iraq
1994 – Conflict in Iraq, U.S. invades Haiti
1995 – Conflict in Iraq, U.S. invades Haiti, NATO bombing of Bosnia and Herzegovina
1996 – Conflict in Iraq
1997 – Pas de guerre majeure
1998 – Bombing of Iraq, Missile strikes against Afghanistan and Sudan
1999 – Kosovo War
2000 – Pas de guerre majeure
2001 – War on Terror in Afghanistan
2002 – War on Terror in Afghanistan and Yemen
2003 – War on Terror in Afghanistan, and Iraq
2004 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen
2005 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen
2006 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen
2007 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, Somalia, and Yemen
2008 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen
2009 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen
2010 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen
2011 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, Somalia, and Yemen; Conflict in Libya (Libyan Civil War)
Dans la vaste majorité de ces guerres, les Etats-Unis furent à l’offensive. Danios admet que quelques unes de ces guerres furent défensives ; mais il laisse aussi de côté toutes les opérations secrètes de la CIA renversant des régimes (la liste est longue) et d’autres actes qui pourraient aussi être considérés comme actes de guerre.
Faisons une mise à jour de ce qu’il s’est passé depuis 2011, date de cette analyse:
2012 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Somalia, Syria and Yemen
2013 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Somalia, Syria and Yemen
2014 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Somalia, Syria and Yemen; Civil War in Ukraine
2015 – War on Terror in Somalia, Somalia, Syria and Yemen; Civil War in Ukraine
Donc, nous pouvons ajouter 4 années supplémentaires de guerre. Ceci veut dire 222 sur 239 ou 93% du temps, les Etats-Unis ont été en guerre. (On peut pinailler sur le chiffre exact, mais le haut pourcentage de temps où les Etats-Unis ont été en guerre est clair et sans erreur possible…)
En fait, quasiment toutes les opérations militaires qui ont été lancées depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’ont été par les Etats-Unis.
De plus, les dépenses militaires des Etats-Unis (NdT: son budget de “l’offensive” pour son ministère de l’offensive…) écrasent celles de toutes les autres nations du monde mises ensemble.
Pas étonnant donc que le monde pense de manière dominante que les Etats-Unis sont la menace mondiale #1 pour la paix globale.
Note de Résistance 71 :
Il y a encore des Etats-Uniens (plus qu’on le croit) qui se posent toujours la question suivante: “Pourquoi tous ces gens dans le monde nous détestent-ils ?” A cette question la propagande yankee leur a bourré le crâne depuis des lustres en leur disant: “C’est parce qu’ils sont jaloux de nous, jaloux de notre liberté, jaloux de notre grandeur, jaloux de notre culture.”
Pathétique non ?…
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Obama rate son coup d’État au Venezuela

Obama rate son coup d’État au Venezuela

Publié par wikistrike.com sur 23 Février 2015, 14:02pm
Le président Obama avec son conseiller pour l’Amérique latine, Ricardo Zuñiga, et la conseillère nationale de sécurité, Susan Rice.
Le président Obama avec son conseiller pour l’Amérique latine, Ricardo Zuñiga, et la conseillère nationale de sécurité, Susan Rice.

http://www.wikistrike.com/2015/02/obama-rate-son-coup-d-etat-au-venezuela.html 

Une nouvelle fois, l’administration Obama a tenté de changer par la force un régime politique qui lui résiste. Le 12 février, un avion d’Academi (ex-Blackwater) maquillé en aéronef de l’armée vénézuélienne devait bombarder le palais présidentiel et tuer le président Nicolas Maduro. Les comploteurs avaient prévu de placer au pouvoir l’ex-députée María Corina Machado et de la faire immédiatement acclamer par d’anciens présidents latino-américains.
 président Obama avait prévenu. Dans sa nouvelle doctrine de Défense (National Security Strategy), il écrivait : « Nous nous tenons aux côtés des citoyens dont le plein exercice de la démocratie est en danger, tel que les Vénézuéliens ». Or, le Venezuela étant, depuis l’adoption de la constitution de 1999, l’un des États les plus démocratiques au monde, cette phrase laissait présager du pire pour l’empêcher de poursuivre dans sa voie d’indépendance et de redistribution des richesses.
C’était le 6 février 2015. Washington terminait de mettre au point le renversement des institutions démocratiques du Venezuela. Le coup d’État avait été planifié pour le 12 février.
L’« Opération Jéricho » était supervisée par le Conseil national de sécurité (NSC), sous l’autorité de Ricardo Zuñiga. Ce « diplomate » est le petit fils du président homonyme du Parti national du Honduras qui organisa les putschs de 1963 et de 1972 en faveur du général López Arellano. Il dirigea la station de la CIA à La Havane (2009-11) où il recruta des agents et les finança pour former l’opposition à Fidel Castro tout en négociant la reprise des relations diplomatiques avec Cuba (finalement conclue en 2014).
Comme toujours dans ce type d’opération, Washington veille à ne pas paraître impliqué dans les événements qu’il dirige. La CIA agit au travers d’organisations prétendument non-gouvernementales pour organiser les putschistes : la National Endowment for Democracy et ses deux pseudopodes de droite (International Republican Institute) et de gauche (National Democratic Institute), Freddom House, et l’International Center for Non-Profit Law. En outre, les États-Unis sollicitent toujours leurs alliés pour sous-traiter certaines parties du coup, en l’occurrence au moins l’Allemagne (chargée de la protection des ressortissants de l’Otan durant le coup), le Canada (chargé de contrôler l’aéroport international civil de Caracas), Israël (chargé des assassinats de personnalités chavistes) et le Royaume-uni (chargé de la propagande des putschistes). Enfin, ils mobilisent leurs réseaux politiques qui se tiennent prêts à reconnaître les putschistes : à Washington le sénateur Marco Rubio, au Chili l’ancien président Sebastián Piñera, en Colombie les anciens présidents Álvaro Uribe Vélez et Andrés Pastrana, au Mexique les anciens présidents Felipe Calderón et Vicente Fox, en Espagne l’ancien président du gouvernement José María Aznar.
Pour justifier du putsch, la Maison-Blanche avait encouragé de grandes sociétés vénézuéliennes à entreposer plutôt qu’à distribuer des marchandises de première nécessité. L’idée était de provoquer des files d’attente devant des commerces, puis d’infiltrer des agents dans la foule pour provoquer des émeutes. En réalité, s’il y a bien eu des problèmes d’approvisionnement en janvier-février et des queues devant des magasins, jamais les Vénézuéliens n’attaquèrent de commerces.
Pour renforcer son action économique, le président Obama avait signé, le 18 décembre 2014, une loi imposant de nouvelles sanctions contre le Venezuela et plusieurs de ses dirigeants. Officiellement, il s’agissait de sanctionner les personnalités ayant réprimé les protestations estudiantines. En réalité, depuis le début de l’année, Washington payait un salaire —quatre fois supérieur au revenu moyen— à des gangs pour qu’ils attaquent les forces de l’ordre. Les pseudos-étudiants avaient ainsi tué 43 personnes en quelques mois et semaient la terreur dans les rues de la capitale.
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Ancien numéro 2 de l’Isaf en Afghanistan, le général Thomas W. Geary est aujourd’hui chargé du Renseignement au SouthCom.
L’action militaire était supervisée par le général Thomas W. Geary, depuis le SouthCom à Miami, et Rebecca Chavez, depuis le Pentagone, et sous-traitée à l’armée privée Academi (ex-Blackwater) ; une société désormais administrée par l’amiral Bobby R. Inman (ancien patron de la NSA) et John Ashcroft (l’ancien Attorney General de l’administration Bush). Un Super Tucano, immatriculé N314TG, acheté par la firme de Virginie en 2008 pour assassiner Raul Reyes, le n°2 des Farc de Colombie, devait être maquillé en avion de l’armée vénézuélienne. Il devait bombarder le palais présidentiel de Miraflores et d’autres cibles parmi une douzaine pré-déterminée, comprenant le ministère de la Défense, la direction du Renseignement et la chaîne de télévision de l’ALBA, TeleSur. L’avion étant stationné en Colombie, le QG opérationnel de « Jéricho » avait été installé à l’ambassade des États-Unis à Bogota avec la participation de l’ambassadeur Kevin Whitaker et de son adjoint Benjamin Ziff.
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Quelques officiers supérieurs, en active ou à la retraite, avaient enregistré à l’avance un message à la Nation dans lequel ils annonçaient avoir pris le pouvoir afin de rétablir l’ordre. Ils était prévu qu’ils souscrivent au plan de transition, publié le 12 février au matin par El Nacional et rédigé par le département d’État US. Un nouveau gouvernement aurait été formé, conduit pas l’ancienne députée María Corina Machado.
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Le coup d’État devait placer au pouvoir María Corina Machado. Le 26 janvier, elle recevait à Caracas ses principaux complices étrangers.
María Corina Machado fut la président de Súmate, l’association qui organisa et perdit le référendum révocatoire contre Hugo Chávez Frias, en 2004, déjà avec l’argent de laNational Endowment for Democracy (NED) et les services du publicitaire français Jacques Séguéla. Malgré sa défaite, elle fut reçue avec les honneurs par le président George W. Bush, dans le Bureau ovale, le 31 mai 2005. Élue représentante de l’État de Miranda en 2011, elle était soudain apparue, le 21 mars 2014 comme chef de la délégation du Panama à l’Organisation des États américains (OEA). Elle avait immédiatement été démise de ses fonctions de député pour violation des articles 149 et 191 de la Constitution.
Pour faciliter la coordination du coup, María Corina Machado organisa à Caracas, le 26 janvier, un colloque, « Pouvoir citoyen et Démocratie aujourd’hui », auquel participèrent la plupart des personnalités vénézuéliennes et étrangères impliquées.
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Pas de chance, le Renseignement militaire vénézuélien surveillait des personnalités soupçonnées d’avoir fomenté un précédent complot visant à assassiner le président Maduro. En mai dernier, le procureur de Caracas avait accusé María Corina Machado, le gouverneur Henrique Salas Römer, l’ancien diplomate Diego Arria, l’avocat Gustavo Tarre Birceño, le banquier Eligio Cedeño et l’homme d’affaire Pedro M. Burelli, mais ils récusèrent les e-mails, prétendant qu’ils avaient été falsifiés par le Renseignement militaire. Bien sûr, ils étaient tous de mèche.
En pistant ces conspirateurs, le Renseignement militaire découvrit l’« Opération Jéricho ». Dans la nuit du 11 février, les principaux leaders du complot et un agent du Mossad étaient arrêtés et la sécurité aérienne renforcée. D’autres étaient récupérés le 12. Le 20, des aveux obtenus permirent d’arrêter un complice, le maire de Caracas, Antonio Ledezma.
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Le maire de Caracas, Antonio Ledezma, était l’agent de liaison avec Israël. Il s’était rendu secrétement à Tel-Aviv, le 18 mai 2012 pour y rencontrer Benjamin Netanyahu et Avigdor Lieberman. Il représentait le chef de l’opposition vénézuélienne, Henrique Capriles Radonski.
Le président Nicolas Maduro intervenait immédiatement à la télévision pour dénoncer les conspirateurs. Tandis qu’à Washington, la porte-parole du département d’État faisait rire les journalistes qui se souvenaient du coup organisé par Obama au Honduras en 2009 —pour l’Amérique latine—, ou plus récemment de la tentative de coup en Macédoine, en janvier 2015 —pour les reste du monde—, en déclarant : « Ces accusations, comme toutes les précédentes, sont ridicules. C’est une question de politique de longue date, les États-Unis ne soutiennent pas les transitions politiques par des moyens non constitutionnels. Les transitions politiques doivent être démocratiques, constitutionnelles, pacifiques et légales. Nous avons vu à plusieurs reprises que le gouvernement vénézuélien tente de détourner l’attention de ses propres actions en accusant les États-Unis ou d’autres membres de la communauté internationale pour les événements à l’intérieur du Venezuela. Ces efforts reflètent un manque de sérieux de la part du gouvernement du Venezuela pour faire face à la grave situation à laquelle il est confronté. »
Pour les Vénézuéliens, ce coup d’État manqué pose une grave question : comment faire vivre la démocratie, si les principaux leaders de l’opposition se retrouvent en prison pour les crimes qu’ils s’apprêtaient à commettre contre la démocratie ?
Pour ceux qui pensent, à tort, que les États-Unis ont changé, qu’ils ne sont plus une puissance impérialiste et qu’ils défendent désormais la démocratie dans le monde, l’« Opération Jéricho » est un sujet de réflexion inépuisable.
Les États-Unis contre le Venezuela
- En 2002, les États-Unis avaient organisé un coup d’État contre le président élu Hugo Chávez Frias [
1], puis ils assassinèrent le juge chargé de l’enquête, Danilo Anderson [2].
- En 2007, ils tentèrent de changer le régime en organisant une « révolution colorée » avec des groupes trotskistes [
3].
- En 2014, ils semblèrent renoncer à leur objectif et soutinrent des groupes anarchistes pour vandaliser et déstabiliser le pays, c’est laGuarimba [
4] .
[1] « Opération manquée au Venezuela », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 mai 2002.
[2] « Notre ami Danilo Anderson assassiné à Caracas », « La CIA derrière l’assassinat de Danilo Anderson ? », par Marcelo Larrea, Réseau Voltaire, 19 novembre et 1er décembre 2004. “FBI and CIA identified as helping Plan Venezuelan Prosecutor’s Murder”, by Alessandro Parma, Voltaire Network, 11 November 2005.
[3] « Venezuela : conclusion d’une année déterminante », par Romain Migus, Réseau Voltaire, 10 octobre 2008. Voir aussi la réponse Gene Sharp à nos accusations : « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.
[4] « États-Unis contre Venezuela : la Guerre froide devient chaude », par Nil Nikandrov, Traduction Roger Lagassé, Strategic Culture Foundation(Russie), Réseau Voltaire, 10 mars 2014. « Las “guarimbas” de Venezuela : derecha embozada », por Martín Esparza Flores, Contralínea (México),Red Voltaire , 28 de abril de 2014.