Ben Laden - Ben Laden: agent CIA | |
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parmoricejeudi 4 novembre 2010 De Victor Jara à Guantanamo (56) : celle qui aurait pu empêcher le 11 septembre
Et puis, au fil des recherches on finit par tomber sur une perle. Un livre, écrit par une journaliste, Gail Sheehyn paru il y a sept ans déjà mais dont j’ignorais totalement l’existence. "Middeltown, America", qui nous parle d’un des quartiers de Manhattan parmi les plus touchés par les attentats du 11 septembre. Mais ce livre ne parle pas que de ça. Il évoque aussi une histoire assez incroyable : celle d’une analyste militaire américaine qui s’est rendue en Afghanistan quatre années avant les attentats et qui est revenue avec des certitudes ; oui, Ben Laden état bien sur place, oui, il était aidé financièrement par les saoudiens, oui, il soutenait les talibans, oui, il faisait du trafic de drogue avec les avions de la compagnie nationale afghane, et oui, les américains le préféraient à Massoud, qu’ils n’aidaient qu’au compte goutte. Revenue aux Etats-Unis, elle fera part de ses craintes à plusieurs reprises, et annoncera même l’assassinat prévu de Massoud. Qui se produira, rappelons-le, l’avant-veille des attentats du 11 septembre. Que fera-t-on de ses renseignements ? On les ignorera. Que fera-t-on d’elle même ? On l’accusera d’être une espionne ! Les américains, en 1998, sont passés sciemment à côté de l’annonce de la catastrophe. De manière délibérée, on peut le dire aujourd’hui. Et cela, pas sous G.W.Bush mais... sous Bill Clinton. Le 11 septembre avait été programmé bien avant qu’on ne l’imagine. Le scénario avait été écrit bien avant. Le "New Pearl Harbor" devait se produire, inéluctablement. L’un de ceux qui avait écrit cet intitulé extrait du texte "The Defense Planning Guidance" de 1992, Paul Wolfowitz, était même venu à West Point en juin 2001 annoncer cyniquement "qu’un événement catastrophique et catalyseur comme un nouveau Pearl Harbor allait se produire"... si rien ne changeait. Trois mois plus tard, sa prophétie s’exerçait.
Le cas de Julie Sirrs, que je découvre bien tardivement, à vrai dire est exemplaire, car il révèle clairement tout ce qui a pu mener au 11 septembre. La dame n’avait pas vocation à tomber dans ce traquenard, mais c’est bien son intuition qui lui avait fait découvrir quelque chose qu’il fallait à tout prix cacher, ce qui a été fait sans ménagements avec elle. La dame travaille dans les années 90 dans les service de l’armée à la "Defense Intelligence Agency(DIA)" ; l’équivalent de la CIA dans l’armée, et effectue à sa seule demande un voyage en Afghanistan en 1997. Elle s’était prise de passion pour ce pays "étrange" aux yeux d’une américaine dont le mari travaille aussi au même endroit, à la DIA : un couple d’espions, en quelque sorte Lorsqu’elle sort diplômée de l’École de Georgetown of Foreign Service en 1992, elle avoue avoir déjà dévoré tous les livres de la bilbiothèque sur le sujet. Elle a même commencé à apprendre le persan et le pachtoune ! Elle impressionne déjà, surtout. Son supérieur, J. Saunders, déclarera que "J’ai embauché beaucoup de personnes, mais je l’ai considérée comme l’un de nos collaborateurs les plus prometteurs." Lorsqu’elle est embauchée par la DIA en 1995, elle est très vite désireuse de se rendre sur place, avec un Ben Laden qui vient juste d’y être annoncé. C’est en effet à ce moment-là qu’il quitte le Soudan pour se réfugier en Afghanistan.
Selon Sheehyn "En 1996, quand elle a appris que M. Ben Laden avait quitté le Soudan pour allé en Afghanistan, Mme Sirrs pensé qu’elle a vu ses chances d’obtenir une affectation dans le pays qui l’avait intrigué pendant presque une décennie. Mais la seule visite officielle disponible pour un agent du gouvernement des États-Unis a été une journée en provenance du Pakistan". Sa demande officielle d’aller inspecter le pays ayant été refusée, c’est sur ses propres congés personnels qu’elle va prendre l’initiative de s’y rendre. La voilà débarquant à Kaboul, dissimulée sous une burka. Elle risque gros : la capitale vient de tomber aux mains des talibans, et sa première vision du pays est celle de trois corps noircis par le froid pendus au bout d’une corde : des membres de la résistance afghane assassinés par les talibans.
Ce qu’elle part chercher, c’est une double confirmation : celle de la présence de Ben Laden, et celle de l’absence réelle de soutien américain au commandant Massoud, ce que l’étude préalable du dossier laissait augurer. Elle sait tout, déjà de Ben Laden. Qu’al-Zawahiri et lui sont partenaires dans une entreprise terroriste depuis 1993, lorsque Ben Laden et son mouvement Al-Qaïda a fusionné avec le mouvement jihadiste égyptien créé par l’ancien docteur. Un Djihad islamique égyptien, ayant pris part, on le sait dans l’incroyable assassinat du président égyptien Anouar al Sadate, mené par de véritables kamikazes qui avaient pris d’assaut sa tribune officielle en l’arrosant à la Kalachnikov (le 6 octobre 1981). C’est en novembre 1997, au moment où elle se rend sur place qu’al-Zawahiri et Ben Laden ont annoncé le lancement de leur campagne de terreur, en accusant les USA de tous les maux et de représailles. A la CIA, la " Alec Station", la brigade chargée de le surveiller met en marche ses alarmes. Mais le responsable, Scheuer ne s’entend avec personne, ni Richard Clarke, le conseiller de Clinton, ni le FBI et tout le monde s’en fiche. Toute la famille de Ben Laden aux USA dispose de passeports diplomatiques : elle est donc intouchable. En mai 1998, la cellule chargé de le surveiller est même.... supprimée ! En 1998 John Kiriakou, un agent de la CIA, interrogera Abu Zubaida et croira avoir fait une grosse prise. En fait, c’était un parfait lampiste (j’ai raconté sa lamentable histoire ici et là, celle d’un "troisième" de la hiérarchie d’Al-Qaida si pratique pour ne pas parler des deux premiers !).
Un Ben Laden qui a déjà pourtant sévi à cette époque : avec les deux ambassades américaines en Afrique de l’Est qui ont été la cible d’attentats à la bombe de type sophistiquée qui ont tué 259 personnes et en ont blessé 5 000. A ce moment-là aussi, George Tenet, le directeur de la CIA avait clamé que la priorité absolue de son agence, était désormais Ben Laden et sa capture, mais il n’avait pas été suivi par l’éxécutif. Bill Clinton est alors embourbé dans le scandale Monica Lewinsky, et tente de trouver des dérivatifs médiatiques pour s’en dépêtrer. C’est ainsi qu’il va demander des bombardements par missiles de croisière sur des camps de Ben Laden, dont le plus connu, celui de Tarnak, et celui sur une usine chimique de Khartoum, Al-Shifa, prétendûment présentée comme fabriquant des bombes et en fait fabricant des médicaments anti-malaria et des produits vétérinaires. Le New-York Times n’hésitera pas à parler de faux renseignements de la CIA pour Al-Shifa, ayant bernés Clinton : "Maintenant, les analystes ont renouvelé leur doutes et dit à la Secrétaire d’Etat adjoint Phyllis Oakley que le la preuve de la CIA sur l’attentat était insuffisante (la CIA prétendait que dans les bombes de 1996 il y avait de l’ EMPTA, ou "O-Ethyl methylphosphonothioic acid" produit par l’usine chimique). Mme Oakley leur a demandé de contre-vérifier, peut-être qu’il y avait une autre source qu’ils n’avaient pas encore vue. La réponse arriva rapidement : Il n’y avait pas de preuve supplémentaires. Mme Oakley a alors convoqué une réunion des principaux collaborateurs et un consensus émergé : contrairement à ce que l’Administration avait dit, le cas de lier Al Shifa à M. ben Laden ou à des armes chimiques était faible."
Ben Laden s’était réfugié à la Tarnak Farm car les troupes de l’alliance du Nord marchaient sur son fief de Jalalabad. C’est à ce moment là qu’un drone le photographiera... et les américains rateront la première occasion de s’en débarrasser : mais à ce moment-là aussi, à vrai dire, les drones tout neufs n’étaient pas encore armés ; ils ne peuvent que renvoyer des images vidéos. En tout cas, Ben Laden, l’homme en blanc, semblait bien y être et diriger des foules. Mais pourquoi ne pas avoir réussi à l’attraper sur place ? La vidéo du drone Predator le montrait clairement, pourtant, au milieu de la Tarnak Farm ! Et tout le monde, à cette époque, se doutait bien que ses bombardements ne visaient rien de stratégique et n’avaient aucun intérêt : mais que n’aurait pas fait Bill-le-menteur pour tenter de retourner l’opinion publique outrée par ses frasques sexuelles ?
Et elle va y trouver quoi, en Afghanistan, notre espionne à temps plein, y compris durant ses congés ? Le pot aux roses, tout simplement. Elle va y découvrir un Ben Laden soutenu à la fois par l’argent de l’Arabie Saoudite et un Massoud qui fait ce qu’il peut avec ce qu’on lui donne. Et bien d’autres choses encore. "Le régime brutal des talibans était maintenu au pouvoir de manière significative par l’argent de Ben Laden, plus le trafic de stupéfiants, tandis que la résistance de Massoud survivait avec un budget restreint. Avec un peu d’aide à la résistance afghane, nous pourrions avoir poussé les talibans du pouvoir,"affirme-t-elle." Mais il y avait beaucoup de réticence par le Département d’Etat et la CIA d’entreprendre cela". Les USA préféraient les talibans ?Julie Sirrs avait mis le nez là où il ne fallait pas. En accusant Ben Laden de trafic de drogue, ce qui était couru depuis des années, mais surtout en ayant trouvé avec quelle méthode... Ce qu’elle avait découvert était bien trop sulfureux. Car pour faire circuler la drogue, Ben Laden utilisait des avions bleu et blancs bien connus...
"Avec la bénédiction des talibans, Ben Laden avait effectivement détourné Ariana, la compagnie aérienne nationale civile Afghane. Pendant quatre ans, selon l’ancien aide aux États-Unis des responsables afghans exilés, des avions d’Ariana ont fait des vols de convoyage des militants islamistes, des armes, de trésorerie et de l’opium par les Émirats arabes unis et le Pakistan. Les membres du réseau terroriste Al-Qaïda de Ben Laden ont fourni de fausses identifications pour Ariana qui leur a donné libre accès à des aéroports au Moyen-Orient". Les avions d’Ariana ? Mais nous les avions vus et retrouvés ailleurs, en train de se faire retaper et repeindre... à la Mena, au beau milieu de l’Arkansas, le fief de... Bill Clinton !
Les B-727 de Ben Laden étaient retapés et repeints à la Mena, le haut lieu de la circulation des armes et de la drogue sud-américaine pendant des années. Les mêmes que l’on voyait atterrir à Kaboul quelques semaines après. Les avions d’Ariana étaient préparés par Dodson International Parts Inc... or la société avait des liens plus que douteux. C’est elle qui avait "refurbishé" un Boeing 727-100 N4610 hors d’âge.... qui avait été commandé par Robert Mugabe. L’appareil, repeint entièrement en blanc, aura une histoire assez calamiteuse ; en mars 2004, il sera saisi au Congo avec à bord 64 mercenaires à bord et des équipements divers. Sa vente s’était faite via une société écran intermédiaire appelée "Logo Logistics Co", censée détenir une mine de diamants d’Afrique du Sud... Parmi les intermédiaires ayant intervenu dans la vente, on trouvera le fils de Margaret Thatcher, vendeur d’armes connu. Sur le site de Dodson, un 727 le N191RD d’Ariana Afghan Airlines était encore à vendre en 2009....il portait avant le N° YA-FAX, c’est en fait un ancien Air France F-GCDI... En fait, la société Dodson était davantage impliquée dans la circulation de la drogue que cela.
En décembre 2008, en effet, un avion allait rappeler cette filiation, et renvoyer à d’autres affaires de transport de cocaïne en très importantes quantités :"un Cessna bimoteur venant du Panama était saisi à Carepa, en Colombie, avec à son bord 850 kgs de cocaïne, prêt à décoller pour le Mexique et ensuite la Floride. Le numéro de queue de l’appareil N811PW, spécifiait un enregistrement en République Dominicaine. Or son propriétaire était Roberto Gomez, de Floride. Il avait acheté son appareil d’occasion à une firme du Kansas, Dodson International Parts Inc... et avait réussi à le revendre à des Vénézueliens, le jour qui précédait la saisie... le même schéma déjà joué par les avions précédents, le DC-9 de Royal Sons ou le Gulfstream coupé en deux de Clyde O’Connor and Greg Smith, qui l’avaient acheté la semaine d’avant..." une histoire aussi déjà racontée ici dès 2008.
J’avais déjà retrouvé toute la filière en septembre 2009 : "il y a près de trente ans déjà, un homme,Tosh Plumlee, utilisait déjà le petit aéroport de la Mena comme pilote de la CIA pour un trafic de drogue ayant pour enjeu les Contras et l’Iran. Et sous Clinton encore., Ou l’on retrouvait l’inoxydable Barry Seal.... Il en avait averti à l’époque, en 1991, le sénateur John Kerry... En 2003, à une station de radio, il avait réitéré ses accusations. Notamment celle de citer l’île de Curacao comme étant le fief du trafic en provenance et vers le Venezuela. Une photo retrouvée sur le Net montrait le Cessna N811PW sur la base de Curacao, preuve de l’implication de la CIA dans le trafic colombien.... et de la mise en place de "l’opération tenaille"... visant clairement Chavez au Vénézuela !".
Bref, Julie Sirrs, en 1997, avait mis le nez où il ne fallait surtout pas le mettre. Elle avait découvert que les avions d’Ariana n’étaient que des couvertures impliquant un vaste trafic de drogue en Afghanistan, mêlant cocaïne colombienne et opium afghan, où Ben Laden avait un rôle majeur... et la CIA également. On comprenait clairement les réticences de ses services a l’envoyer voir là-bas ce qui s’y passait. Tout aussi grave encore : lors de sa rencontre avec Massoud, celui-ci lui avait fait des confidences. Il ne sentait pas assez soutenu par les américains, qui, selon lui, avaient déjà choisi un autre camp : celui des talibans. Et la raison qu’il lui a donnée est très claire : selon lui c’est le pétrolier Unocal qui bloquait tout, car il avait déjà résolu de s’appuyer sur les talibans pour permettre la construction d’un pipeline trans-afghan, les américains ayant alors défini que le régime des talibans était plus "stable". Elle affirmait alors, "que Massoud lui avait dit qu’il avait la preuve qu’Unocal avait fourni des fonds qui ont contribué à ce que les talibans prennent Kaboul. "Elle déclarait aussi : "L’État et les Ministères ne voulaient pas avoir quelque chose à voir avec la résistance afghane, ou même, politiquement, ne révéleraient pas qu’ils tablaient sur une option plus viable avec les talibans." Elle reviendra aussi avec la certitude que Massoud, qui avait tout compris, se ferait tôt ou tard assassiner. Têtue, elle retournera en octobre 1998, par un avion d’ Ouzbekistan Airways cette fois.
Ce qu’elle avait aussi constaté, lors de ces deux voyages successifs, c’est que les "autorités Talibanes avaient également ouvert les pistes d’atterrissage du pays à des hauts fonctionnaires d’Etats du Golfe Persique qui venaient pour des parties de chasse somptueuses. Parfois rejoints par Ben Laden et les des dignitaires Talibans, parmi lesquels figuraient plusieurs fonctionnaires de haut rang de l’Arabie saoudite et des Emirats, avec de l’argent, des véhicules et l’équipement avec leurs hôtes, selon les comptes américains et afghans". Des vols dans d’étranges avions détournés, parfois. "En Octobre 1996, un mois après la Conférence islamique des militants talibans ait pris le contrôle de l’Afghanistan, les responsables d’Ariana dans le capitale, Kaboul, s’alarmaient d’un avion cargo Boeing 727 disparu. Le jet avait été affrété pour un voyage aller-retour de Jalalabad à Khartoum par deux diplomates soudanais. Il devait se rendre aux Emirats Arabes Unis, puis à Khartoum en transportant un chargement de fruits et de tapis. Il était de retour quelques jours plus tard avec une cargaison humanitaire de nourriture et de médicaments. Il avait fallu une semaine avant le retour du 727. Les pilotes ont alors raconté une drôle d’histoire. A Khartoum, l’équipage a attendu trois jours dans un hôtel jusqu’à ce que les autorités soudanaises prennent en charge l’avion. De retour à l’aéroport, ils ont été stupéfaits de trouver aucune cargaison, mais 90 passagers en attente d’embarquement. Les Soudanais avaient installé 100 sièges dans le 727, puis parqués les passagers à bord - les femmes voilées en burka, les hommes en robes du désert, les enfants tout excités. Aucun document de vol n’a été vérifié. En atterrissant à Jalalabad, juste après minuit, les passagers ont été accueillis par un convoi de jeeps poussiéreux, des fourgonnettes et des camions. Beaucoup à bord portaient des armes. En quelques minutes, les passagers se sont entassés dans les véhicules, puis ont disparu dans la nuit du désert. Selon l’équipage, les passagers arabes et afghans travaillaient pour Ben Laden. La facilité avec laquelle Ben Laden avait utilisé le 727 a été rapidement répliqué sur une base quotidienne. Ben Laden et ses hôtes talibans avaient réquisitionné la société nationale vieille de 35 ans pour en faire leur service charter privé" notent Stephen Braun et Judy Pasternak, dans le Los Angeles Times du 18 novembre 2001.
Notre espionne de vacances, elle, note autre aussi chose : "les avions revenaient des Emirats (de Sharjah) chargés d’armes", a déclaré Julie Sirrs, une spécialiste de l’Afghanistan à la US Defense Intelligence Agency au moment de l’administration Clinton." C’était surtout des armes soviétiques, des armes légères - des Kalachnikovs (fusils) et des RPG-7s (des lance-roquettes antichars tirés à l’épaule)".Bref elle a constaté de visu deux choses : les avions d’Ariana transportaient bien drogue et armes. Les avions d’Ariana, puis ceux de Viktor Bout, tel le fameux l’Ill-76TD RA-76842, connu à Ostende sous le nom d’Airstan Heavy Lift. L’appareil à été contraint en 1995 de se poser à Kaboul par un Mig 21 taliban, et son équipage ne sera libéré qu’après un accord passé entre Bout et les Talibans pour livrer des armes. L’appareil fréquentera en même temps les bases allemandes ou roumaines, et fournira régulièrement les talibans... et les américains. En même temps. Le plus souvent en arborant un superbe logo de l’ONU comme aide humanitaire !
Les venues personnelles de Ben Laden, elles, ne se faisaient pas via Ariana, mais dans son jet privé, un T-39A Sabreliner de chez North American Rockwell sorti tout droit de l’US Air Force, acheté à... l’armée US comme surplus et transformé en appareil privé par une entreprise privée, mais sur une base utilisée également par l’armée américaine (et ici devenu cargo privé *). L’avion avait été acheté à un broker du Sud de la Californie par Essam al Ridi, qui s’était présenté avec un uniforme de pilote de Northwest Airlink. "Lors de la rénovation de l’avion d’Air Force, Ben Laden et Al-Qaïda ont facilement contourné les règles régissant la vente des avions aux États-Unis. Le jet de Ben Laden, révisé à l’aéroport de Van Nuys, en 1992, a été plus tard utilisé pour transporter les commandants Afrique de l’Est d’Al Qaïda, où ils ont formé des tribus somaliennes pour des attaques sur les Etats-Unis et les forces de paix. Plus tard, il s’est écrasé sur une piste au Soudan. L’achat secret de Ben Laden a été réalisé grâce à un gouvernement laxiste sur la surveillance et l’aide involontaire des Américains qui ont aidé à déguiser l’avion comme un jet civil" notent encore Stephen Braun et Judy Pasternak. L’histoire était simple : c’est le musée de l’U.S. Air Force à Wright-Patterson Air Force Base à Fairborne dans l’Ohio qui s’était retrouvé avec 6 appareils sur les bras avec leur retrait du service. Le musée cherche alors un rare DH-89A "Dragon Rapide" de Havilland. Or le 12 janvier 1990 le courtier en aviation Ascher Ward reçoit une offre de vente pour cet appareil mythique qu’il échange aussitôt avec le musée contre la vente des 6 surplus (le musée déclare "obtenu en 1989"). Le porte-parole du musée, Christopher McGee affirmera que la transaction a bien été autorisée par un secrétaire adjoint de la Force aérienne US. Essam al Ridi affirmera avoir payé l’appareil 210.000 dollars (et le courtier beaucoup moins !). Aux Etats-Unis, on peut acheter des surplus militaires et en faire des avions civils à condition qu’ils portent le label "expérimental", ce que portera l’appareil. La FAA lui accordera une licence de vol sans aucun problème. L’appareil sera aperçu par un "spotter" à Lutton en Angleterre le 16 janvier 1993. L’appareil s’était envolé de Fort Worth, bastion des opérations secrètes US, jusque Sault Ste Marie et Frobisher Bay au Canada puis en Islande, vers l’Angleterre, Rome et le Caire avant d’atterrir à Khartoum. Il n’y fera que trois vols, en 1995, Essam al Ridi, lors d’un test de moteurs, le plantant irrémédiablement dans une dune.
Après une courte présence de deux semaines, fin 1998 elle rentrait aux Etats-Unis avec ce trésor de renseignements, des cartes, des photos et des enregistrements, et pas mal de doutes sur que faisaient réellement les Etats-Unis là-bas, d’après ce qu’elle a pu voir des liens de Ben Laden et du rôle de la CIA. A son retour, elle constate en effet ses liens, que lui confirme la commission du Congrès. Elle en aura confirmation en 2001 : "la commission sait déjà que l’administration Bush a commencé à négocier avec les talibans peu de temps après la prise du pouvoir en Janvier 2001. Les talibans ont même embauché Laila Helms, une nièce de l’ancien directeur de la C.I.A. Richard Helms, comme relations publiques à Washington. La dernière réunion entre les représentants des États-Unis et les talibans en Afghanistan a eu lieu cinq semaines avant le 11 septembre". Bush avait vraiment choisi le camp des talibans. Et donc aussi celui de... Ben Laden ! Bref, Massoud n’en a plus pour longtemps se dit-elle. Entre temps, elle n’a pas eu le temps d’être tentée d’aller y témoigner à cette commission : à peine rentrée d’Afghanistan, elle avait été emprisonnée au prétexte d’espionnage contre les Etats-Unis : un comble. Choquée, elle ne s’en remettra jamais, même quand elle sera totalement blanchie après quelques mois plus tard : on a certainement cherché à l’intimider pour qu’elle n’évoque pas ce qu’elle avait ou voir !
On lui fera passer un test polygraphique de cinq heures (celui dit du "détecteur de mensonges"). Son mari, membre aussi de la un D.I.A, demandera de passer le même : ils le réussiront tous les deux : ni l’un ni l’autre ne mentaient. Ce qu’elle avait a dire n’était pas à faire savoir, tout simplement. Elle avait tout découvert, notamment la collusion Ben-Laden CIA, trois ans avant les attentats, qui ont bien nécessité trois ans de préparations. Le 9 septembre 2001, Massoud est exécuté par des envoyés de Ben Laden : ou plutôt par des envoyés de la CIA, devrait-on dire. Massoud, soupçonné lui aussi d’en être (selon Gary Schroen de la CIA à Islamabad, Massoud aurait reçu avec son frère 1/2 millions de dollars de la CIA pour renverser Al-Qaida, aurait empoché l’argent... et ne l’aurait pas fait ; ce qui donne une explication aussi à son élimination !). Juste auparavant, Le président Bush venait d’ordonner de "traquer" Ben Laden, encore totalement inconnu du grand public US. Deux jours après, les deux tours s’effondrent et un coupable tout trouvé est balancé le jour-même avant la fin de l’horrible journée. C’est Ben Laden, bien sûr, qu’on aurait pu arrêter depuis trois ans grâce à Julie Sirrs, rendue coupable d’avoir trop bien fait son métier.
Retrouvée et interviewée le 18 février 2002 par ABC News, sept mois après les attentats, sur le programme matinal "Good Morning America" elle ne dira strictement rien : elle avait bien trop peur, semble-t-il, et elle montrait surtout qu’elle devait se douter de tout, et savait que ça se terminerait ainsi. Julie Sirrs est une des clés fondamentales du 11 septembre. Sa frustration de 1999 quand elle avait démissionnée, écœurée de ne pas avoir été entendue était devenue horreur véritable. Si on l’avait écoutée, le 11 septembre ne se serait pas produit, c’est une évidence. Ne reste plus à savoir maintenant pourquoi on a laissé faire, et qui a laissé faire. Les mêmes qui font circuler la drogue, les mêmes qui vendent les armes pour entretenir les guerres et non les arrêter, pour s’enrichir personnellement avant tout. Les mêmes qui l’avaient annoncé trois mois avant. Vous savez qui, inutile maintenant de vous faire un dessin.
(*) les suédois en ayant eu un autre et surprenant usage.... (visible ici).
DOCUMENTS JOINTS À CET ARTICLE |
Services secrets - Valérie Palme-Wilson | |
http://www.reopen911.info/News/2011/01/18/un-ex-agent-de-la-cia-estime-les-revelations-de-sibel-edmonds-stupefiantes/ Un ex-agent de la CIA estime les révélations de Sibel Edmonds stupéfiantes
Quand Mike Gravel et Daniel Ellsberg mentionnent Sibel Edmonds comme l’"exemple de Whistleblower" (lanceur d’alerte) dont les révélations sont bien plus explosives que celles de l’affaire des Pentagon Papers, ils savent de quoi ils parlent. Non seulement cette femme courageuse a tenu tête à l’Administration Bush pendant toutes ces années à propos de la corruption dont elle a été témoin au sein même du FBI lorsqu’elle y a travaillé juste après les attentats du 11-septembre, mais comme nous l’avons vu encore récemment dans nos pages, elle reste active et publie régulièrement des analyses de l’actualité sur son blog BoilingFrogs.
Mais S. Edmonds ne se limite pas aux problématiques des attentats du 11-Septembre. Retour donc sur cet article datant de 2008, où l’on découvre qu’une ex-agent de la CIA, Valerie Plane Wilson, a bien été obligée de reconnaitre publiquement que les révélations de Sibel Edmondsau quotidien britannique Times à propos de la vente à des pays comme l’Iran, la Turquie ou le Pakistan, de technologies nucléaires au "marché noir" par l’intermédiaire de membres de l’administration américaine étaient véritablement "explosives". Pourtant, il faut bien admettre que ces révélations de Mme Edmonds n’ont été reprises ni outre-Atlantique, ni en France. Voici donc de quoi lever un peu le voile sur les dessous de la rhétorique des pays de l’Axe du Mal lancée par George W. Bush au lendemain des attentats du 11/9, et poursuivie par son successeur à la Maison-Blanche.
Sibel Edmonds, l’une des lanceuses d’alertes du 11-Septembre
et Valérie Plame-Wilson, ex-agent de la CIA
Selon Valerie Plame Wilson, les révélations de Sibel Edmonds sont "stupéfiantes"
Par Brad Friedman, sur Brad Blog, le 12 février 2008
Traduction VirgileetAthéna / Catherine pour ReOpenNews
Valérie Plame Wilson estime que les révélations de Sibel Edmonds sont « stupéfiantes ». Elle dit avoir lu les articles publiés récemment dans un journal britannique à propos des secrets sur l’espionnage nucléaire américain, et sur les révélations concernant sa société-écran Brewster Jennings, dont l’existence a été révélée par un ex-officiel haut placé du ministère des Affaires étrangères dès 2001.
Valerie Plame Wilson, ex-agent de la CIA, explique que les récentes révélations par le journal britannique Sunday Times de vente de secrets nucléaires au marché noir étranger avec le concours de hauts responsables gouvernementaux sont "stupéfiantes".
L’ancien agent avait travaillé dans la division anti-prolifération de l’Agence, des années durant, à la surveillance du marché noir du nucléaire, sous couvert d’une société du nom de Brewster Jennings, jusqu’au moment où elle fut démasquée publiquement par des officiels de l’administration Bush. Elle a été interrogée ce matin par Henry Raines de American AM sur son serveur radio de Floride à propos de la récente série d’informations explosives parues dans le journal britannique.
Selon certaines de ces révélations, la véritable identité de Brewster Jennings en tant que société-écran de la CIA fut dévoilée dès 2001 à des officiels turcs par Marc Grossman, qui était alors assistant du secrétaire d’État aux Affaires européennes.
Une transcription de l’interview, avec version audio, est disponible en 2e partie de cet article.
Jusqu’à présent les trois récits parus dans le Times [de Londres] corroborent les détails fournis par l’ancienne traductrice du FBI Sibel Edmonds. Edmonds fut totalement bâillonnée par le ministère de la Justice de l’administration Bush sous couvert de "raison d’État" [State Secrets Privilege] depuis 2002, et interdite de parole au sujet de son travail au Bureau. Dans une interview exclusive à la fin de l’année dernière pour Bradblog, Edmonds annonçait qu’elle révélerait à n’importe quel média américain influent le récit complet de tout ce qui lui avait été interdit de dire jusque-là.
Aucun des grands médias US n’a relevé son offre, quoique le London Times l’ait contactée par notre intermédiaire à la suite de notre publication. Après la parution de la première « bombe » de la série au début du mois dernier, et son impact retentissant, l’information a fait la Une des journaux du monde entier. D’une manière assez incroyable, les médias US persistent à l’ignorer totalement.
Selon les deuxième et troisième articles de la série du Times, un "haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères" participa au travers d’un réseau de taupes placées dans des installations nucléaires sensibles et des bases militaires, à la vente de secrets nucléaires aussi bien aux Alliés des USA qu’à leurs ennemis. Le haut fonctionnaire, identifié comme Grossman, fut ambassadeur des Etats-Unis en Turquie, et au moment des faits allégués il était numéro trois du ministère des Affaires étrangères, après Colin Powell et Richard Armitage.
Selon les dires du Times et de Sibel Edmonds, Grossman a même averti les officiels turcs dès 2001 du fait que la société de Plame Wilson, Brewster Jennings, était une société-écran de la CIA. Grossman réfute ces accusations.
Tout en affirmant aujourd’hui qu’elle ne savait « rien de plus » sur cette affaire que ce que le Times avait publié, Plame Wilson se joignit à Edmonds et à d’autres « lanceurs d’alertes » comme Daniel Ellsberg dans la critique des mass media US pour leur défaut à enquêter et à relater cette affaire.
"Je trouve très intéressant, a dit Plame Wilson, qu’elle soit révélée de l’autre côté de l’Atlantique, et pas ici, dans aucun de nos journaux."
"On est en droit de dire qu’en général les médias US ont été extrêmement timides, soumis, et je pense qu’ils ont laissé tomber les étasuniens," a-t-elle expliqué en faisant référence à la couverture de la guerre d’Irak, lorsque les médias "ne s’intéressèrent qu’à ce que l’Administration leur servait, sans poser de questions, sans analyser, sans rechercher d’autres sources. Et regardez où nous en sommes aujourd’hui."
Tout en remarquant qu’il y a eu "peut-être deux ou trois petites lueurs" dans les médias, Plame Wilson trouve que ce n’est "jusqu’à maintenant qu’une sorte de léger gruau."
Ses commentaires font écho à l’éditorial récent du BRAD BLOG signé par Daniel Ellsberg, le légendaire employé du ministère de la Défense qui communiqua les explosifs Pentagone Papers ("papiers du Pentagone") auNew York Times dans les années 70. [Daniel Ellsberg] y condamne les médias US pour leur incapacité à couvrir les divulgations d’Edmonds, les accusant de "participer à une dissimulation d’information."
"Beaucoup, sinon la plupart des opérations secrètes devraient être divulguées par une presse libre. Elles sont souvent secrètes non seulement parce qu’illégales, mais parce que terriblement mal conçues et irréfléchies," écrivait Ellsberg en référence aux allégations dérangeantes de l’affaire Sibel Edmonds. "De telles activités continuent secrètement, jusqu’au désastre national, parce que la presse néglige notre premier amendement précisément destiné à la protéger et à l’encourager à exposer les malversations des fonctionnaires."
L’ancien agent de la CIA Philip Giraldi a récemment couvert les dernières déclarations d’Edmonds de façon fouillée et détaillée dans un article intitulé "Found in Translation" publié par l’American Conservative Magazine. Quelques jours plus tard, dans un autre article « Sibel Edmonds doit être écoutée » ("Sibel Edmonds Must Be Heard") paru dans le Huffington Post, il a rejoint l’appel à amplifier la couverture médiatique, et à exiger des investigations par des officiels élus.
Quand Raines expliqua à Plame Wilson pendant l’interview d’aujourd’hui qu’il trouvait que ces allégations nécessitaient un complément d’enquête, elle répondit à nouveau, "Je suis d’accord ! C’est stupéfiant," et ajouta : "C’est une période extrêmement frustrante… Je n’ai pas de suggestions miracle sur la manière de faire connaître cette histoire aux États-Unis."
Interrogée sur les déclarations selon lesquelles Grossman avait révélé [l’existence de son] réseau secret Brewster Jennings, elle indique qu’elle était incapable de répondre à ces accusations.
"Non seulement je dis "No Comment" mais par "No Comment" je veux dire que je ne sais pas quoi ajouter à cela", a-t-elle déclaré. "Pendant la course vers la guerre, et jusqu’à ce que je sois démasquée, je me consacrais presque uniquement à tenter de mener des opérations sûres et efficaces, de comprendre ce qui pouvait bien se passer en Irak, de savoir qui étaient les scientifiques, ce qu’ils faisaient, où étaient leurs sites secrets."
S.Edmonds, actuellement en voyage, est injoignable et ne peut faire de commentaires. Si nous réussissons à avoir de ses nouvelles, nous reviendrons sur cette affaire.
Les articles de BRAD BLOG tirés de notre longue série d’articles et d’exclusivités sur l’affaire Sibel Edmonds sont disponibles en mp3 sur ce site.
L’interview complet par American AM de Plame Wilson dure environ 30 minutes. La partie pendant laquelle les allégations d’Edmonds sont discutées commence à peu près à la marque des 20 minutes. Cette section de l’interview a été transcrite [et traduite] ci-après, grâce à Emily Levy, deVelvetRevolution.us :
HENRY RAINES : J’imagine que vous suivez de près ce qu’on dit sur le sujet auquel vous travailliez : l’antiprolifération.
VALERIE PLAME WILSON : Absolument. Avec le terrorisme, c’est la première menace à laquelle la nation doit faire face aujourd’hui.
RAINES : C’est une série d’articles vraiment dérangeants, des articles d’investigation, parus dans le Times of London le mois dernier, trois publications jusqu’à présent, je crois…
VPW : Oui, mm-hmm.
RAINES : …et il y a pratiquement, ici aux États-Unis, un black-out total sur l’information du grand public. Nous avons fait de nombreuses émissions là-dessus depuis la première parution. En fait, il y a une semaine et demie nous avons interviewé la première personne à avoir obtenu une colonne ou un article dans un quotidien américain, le North Mississippi Journal. Donc, vous voyez que nous sommes attentifs à toutes ces inquiétudes et préoccupations sur la construction par l’Iran de ceci ou…
VPW : Mm-hmm.
RAINES : …ou par un autre pays de cela, mais l’histoire à la Une du Times of London, un journal respecté, concerne la troisième personnalité du ministère des Affaires étrangères, identifiée dans le American Conservative comme Marc Grossman…
VPW : Mm-hmm.
RAINES : …en train de vendre effectivement nos secrets à la Turquie et à Israël. Et la Turquie les revendrait au Pakistan…
VPW : C’est exact. Enfin non, c’est stupéfiant ! J’ai vu la série d’articles. Je ne… oui, je trouve très intéressant que ce soit révélé à l’étranger et absolument pas ici [aux USA], dans aucun de nos journaux. Je n’ai aucune connaissance particulière du sujet, rien de plus que ce que vous êtes en train de lire, mais c’est très intéressant. Et oui, je pense qu’on est en droit de dire que d’une manière générale, les médias américains ont été très timides, passifs, et je pense qu’ils ont laissé tomber les Étasuniens. Regardez comment ils ont couvert la guerre d’Irak, comme des débutants, et comment, en général, ils ne s’intéressèrent qu’à ce que l’Administration leur servait, sans poser de questions, sans analyser, sans rechercher d’autres sources. Et regardez où nous en sommes aujourd’hui. Je pense que les médias comprennent cela, et s’attaquent à ces problèmes, mais à cause des rachats ou des réductions de budgets, étrangers et autres, consacrés au journalisme d’investigation ou aux nouvelles internationales, il n’en sort qu’une sorte de léger gruau, avec deux ou trois petites lueurs, mais c’est bien mince.
RAINES : Et que suggéreriez-vous à nos auditeurs pour qu’ils aident à faire connaître cette histoire ? Parce que tout ceci me stupéfie littéralement, je ne suis pas expert en droit, mais cet acte de trahison, je dirais, lorsque la troisième personne du ministère des Affaires étrangères vend cela, tout ceci mérite une enquête.
VPW : Je suis d’accord ! C’est stupéfiant. Ayant traversé le pays durant les deux derniers mois, il est clair pour moi que les États-Uniens de toute obédience politique ont soif d’information. Ce que l’on entend est édulcoré, vous ne savez évidemment pas si ce que vous lisez est vrai, que ce soit sur Internet ou dans les médias grand public. C’est une période extrêmement frustrante. Et je n’ai guère de suggestions miracles quant à la manière de faire entendre cette histoire aux États-Unis. Ils ont peut-être des plans, je ne sais pas s’il y a l’équivalent de ce journal ici, pour parler de tout ça.
RAINES : Eh bien, ce pourrait être, je ne sais pas, Fox News. C’est un journal de Rupert Murdoch. Ce ne serait pas difficile d’obtenir la publication de cette affaire, s’il y avait la motivation. D’après Sibel Edmonds, l’enquête s’élargit. Le Times of London fournit d’autres sources parce que, là-bas, c’est en train de devenir une magnifique enquête.
Pour les deux minutes qui nous restent, je voudrais vous poser une autre question sur… parce que le troisième épisode de l’histoire concerne directement, enfin, vous ne pouvez le reconnaître directement, mais il est très proche de la tourmente que vous avez vécue. Parce que le même responsable du ministère des Affaires étrangères est accusé d’avoir payé l’American Turkish Council…
VPW : Mm-hmm.
RAINES : …qui allait louer les services d’une société du nom de Brewster Jennings, ce qui aurait permis d’avoir un œil sur ce qui se passait, il les a prévenus et leur a dit : "Ne vous adressez pas à eux. C’est la…"
VPW : Ouais.
RAINES : "…CIA." Cela doit vous troubler.
VPW : Non seulement je peux dire "No comment" mais par "No Comment" je veux dire que je n’ai rien d’autre à ajouter. Pendant la course vers la guerre, et jusqu’à ce que je sois démasquée, je me consacrais presque uniquement à tenter d’exécuter des opérations sûres et efficaces, de comprendre ce qui diable pouvait bien se passer en Irak, de savoir qui étaient les scientifiques, ce qu’ils faisaient, où étaient leurs sites secrets. À mon avis, avant que Colin Powell, le général Colin Powell, ne fasse son discours à l’ONU en février 2003, juste avant la guerre, comme je l’ai écrit dans mon livre, c’était, je dirais, la première fois que je levais la tête du guidon, et alors j’ai dit : "Non, attendez. Ce qu’il dit ne correspond pas avec ce que je comprends et avec les renseignements que j’ai sur cette question." Et cela m’a rendue absolument malade parce que je savais que ce qu’il disait semblait bien plus solide que ce n’était en réalité. Et je me suis seulement dit "hum !", j’espère que quelqu’un de plus haut placé que moi en sait plus, a davantage accès à l’information que moi, parce que ça ne collait tout simplement pas. Cela m’a rendue absolument malade.
RAINES : Je m’excuse auprès de nos auditeurs s’ils ont été séduits, mais Alan et moi avons décidé de garder Valerie Plame Wilson pour nous seuls…
VPW : [rires]
RAINES : …il nous reste 60 secondes, Alan, si vous avez autre chose à ajouter.
ALAN CROSS : Une seule question rapidement. A propos de votre livre « Fair Game: My Life as a Spy, My Betrayal by the White House », ma question est la suivante : travailliez-vous seule en tant qu’agent, ou aviez-vous une équipe qui travaillait pour vous ?
VPW : Je crois que c’est une de ces inventions auxquelles Hollywood contribue en permanence. Vous pensez à « Bourne Indentity » ou à James Bond, en réalité nous ne sommes jamais seuls. C’est toujours un effort collectif. Il ne s’agit pas d’un escroc qui là, dehors, enfile son smoking pour entrer dans un casino de Monaco. Vous avez des analystes, des techniciens, des gens qui rassemblent les informations, et votre équipe de veille. C’est vraiment un effort collectif. Et les gens qui travaillent, mes anciens collègues de la CIA, sont pour la plupart des gens très intelligents, extrêmement dévoués qui aujourd’hui sont sous une forte pression politique et j’espère que l’on pourra changer de direction dans le futur.
Brad Friedman
Brad Blog, le 12 février 2008
Traduction VirgileetAthéna / Catherine pour ReOpenNews
En lien avec cet article :
Et aussi :
Film sur Sibel Edmonds :
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Services Secrets - Lindauer Susan | |
http://www.reopen911.info/News/2011/05/23/lex-agent-susan-lindauer-la-cia-savait-en-avril-2001-que-le-11-septembre-allait-se-produire/
L’ex-agent de la CIA Susan Lindauer vient de publier un livre intitulé "Extreme prejudice" dans lequel elle réitère ses affirmations sur la pré-connaissance par la CIA des événements du 11/9. Selon cette "lanceuse d’alertes" qui a servi pendant la période précédant les attentats de 2001 d’intermédiaire entre les USA et la diplomatie irakienne, les cibles des Tours Jumelles et l’utilisation d’avions détournés étaient des éléments connus de la CIA depuis avril-mai 2001. Son témoignage pourrait paraître exubérant s’il n’avait été corroboré à plusieurs reprises par des témoins à qui elle avait fait part de ses inquiétudes durant l’été 2001, dont son frère John Lindauer, qui l’a rapporté au New York Times en juillet 2004
On savait déjà grâce à l’autre lanceuse d’alertes Sibel Edmonds, que le FBI avait aussi été informé d’opérations kamikazes imminentes, mais qu’aucune mesure visible n’avait été prise, au grand désarroi des deux agents du FBI qui avaient recueilli ces informations.
Notons aussi que Susan Lindauer est une cousine lointaine d’Andrew Card, le chef de cabinet de George W. Bush, et qu’elle dit avoir tenté à plusieurs reprises de le prévenir de ces attentats en août 2001. Sa dénonciation du camouflage entourant le 11/9 et la guerre en Irak lui a valu d’être poursuivie par la justice américaine et de passer une année en prison. Quel crédit apporter à ses déclarations ? Aux lecteurs de se faire leur propre idée. Toujours est-il que nous ne pouvions pas omettre de relayer cet article saisissant paru récemment sur le siteThe Intel Hub.
Enfin, même si cela n’a pas encore paru dans nos pages, qu’au moment même où les lois liberticides PATRIOT ACT sont reconduites pour quatre ans aux USA, des mesures drastiques sont sur le point d’être adoptées contre les lanceurs d’alertes menacés notamment de perdre leur droit à la retraite fédérale sur la seule décision de l’administration, c’est-à-dire sans recours juridique. A l’instar du soldat Manning toujours incarcéré pour avoir soi-disant transmis des documents classifiés à Wikileaks, il est clair que les avertissements se multiplient. On voudrait faire taire les contestataires, ou ceux qui en savent un peu trop, qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
Le livre de Susan Lindauer :
Un temps pour la vérité : La mort de Ben Laden ne mettra pas fin à la Guerre contre le terrorisme tant que les Américains ne comprendront pas que la vraie menace a toujours été l’Amérique elle-même.
paru sur TheIntelHub, le 10 mai 2011
Traduction Vincent pour ReOpenNews
Certains de nos dirigeants pensent que les Américains n’ont pas besoin de connaitre la vérité au sujet du 11-Septembre maintenant qu’Oussama est mort et que tout est terminé.
En tant que personne qui a souffert pendant presque dix ans des dissimulations entourant le 11-Septembre, je veux dire mon plus complet désaccord. J’en ai ma claque de demander une vraie enquête par le Congrès. Le Congrès connaît déjà la vérité sur le 11-Septembre.
Voilà pourquoi ils ne fouillent pas. Mais ce serait une grossière erreur d’attendre la permission de parler pour tous ceux d’entre nous qui connaissent la vérité, du moins en partie. L’Amérique s’est elle-même prise au piège dans le cauchemar mythologique d’un terrorisme qui exagère [la puissance de] nos ennemis, pendant que nos dirigeants utilisent notre patriotisme et nous aveuglent en faisant passer des mesures erronées de politique de sécurité nationale. Cette politique ne peut pas être efficace si elle affaiblit notre pays.
Les États-Unis ont atteint un moment charnière, celui où il faut considérer la fin de l’ « Ere de l’Amérique ». C’est ce qui rend impératif un examen impartial du 11-Septembre.
Les Américains doivent démystifier le 11-Septembre, et crever enfin cette bulle terrifiante qui entoure la « Guerre au Terrorisme », et ils pourront ainsi balayer les menaces bidon dont Washington se sert pour fomenter des guerres au Moyen-Orient, tout en ruinant notre économie par des dépenses militaires hors de tout contrôle au détriment de nos droits civils, tout cela au nom de la sécurité nationale.
Le mensonge lui-même est parfaitement effrayant. Valerie Plame, une femme que j’admire profondément, a récemment tenté d’expliquer aux Américains que le gouvernement des États-Unis n’aurait pas pu cacher aussi longtemps un secret aussi énorme et dévastateur.
Vous voulez parier ? J’ai moi-même été récompensée de cinq années d’inculpation, accusée d’être un ‘agent irakien’, avec à la clef une année de prison dans la base aérienne de Carswell à Forth Worth au Texas – sans aucun procès ni audition – après que j’eus demandé à témoigner au sujet de l’Irak et du 11-Septembre.
Trente jours après avoir parlé avec des hauts responsables de l’équipe des Sénateurs Trent Lott et John McCain, le FBI s’est présenté avec un mandat d’arrêt à mon encontre.
Mon acte d’accusation de 5 ans sous couvert du Patriot Act m’a valu le surnom de ‘Symbol Susan’. Ce n’était pas très subtil. L’acharnement dont j’ai fait l’objet était résolument destiné à effrayer quiconque aurait envisagé de parler. Les dissimulations autour du 11-Septembre et de l’Irak ont mis le PATRIOT ACT en exergue comme l’outil de prédilection pour faire taire les « lanceurs d’alertes » (whistle blowers)
Aux autres [lanceurs d’alertes] je dis ; ils ne peuvent pas nous faire taire si nous refusons de nous taire. Je mets au défi le Congrès de remettre notre pays sur la bonne voie en organisant des auditions sur le 11-Septembre afin de prendre en compte notre témoignage. Je serais heureuse de prêter serment devant tous.
La vérité : un été plein d’avertissements
La vérité est que notre équipe, qui triangulait avec la CIA et la DIA (Defense Intelligence Agency) a discuté pendant tout l’été 2001 du scénario exact des attentats du 11-Septembre et de leur planification.
Nous en avons parlé pratiquement chaque semaine lors de nos réunions. Nous en avons également discuté par téléphone, plaisantant ouvertement – ‘Bonjour la NSA ! Allez, décrochez ce téléphone – ’ sachant bien que la NSA avait mis mes lignes sur écoute.
Il ne fait aucun doute que l’histoire de la conspiration du 11-Septembre a été fabriquée plusieurs mois à l’avance afin de préparer les milieux du Renseignement à une réaction du gouvernement. Et cela s’est déroulé exactement comme ils nous l’avaient dit – avec l’aide d’une équipe autonome chargé des explosifs. Cela sera expliqué dans un deuxième article. Les deux ne sont pas contradictoires.
Avant d’en arriver là, les Américains doivent d’abord accepter les motivations qui ont conduit au 11-Septembre, et les raisons pour lesquelles le gouvernement des États-Unis a permis que cela se produise. C’était comme pour Pearl Harbor. Cela répondait à un agenda bien défini.
Lorsque j’ai été prévenue du 11-Septembre, en avril-mai 2001, j’ai aussi appris que les États-Unis avaient prévu de déclarer la guerre à l’Irak immédiatement après les attentats. Les deux étaient déjà liés, de cause à effet.
Menaces de guerre contre l’Irak
Je peux en attester de manière catégorique, car j’étais la personne mandatée pour faire part de ces menaces aux diplomates irakiens à l’ONU. J’étais chargée de leur expliquer que « les États-Unis avaient l’intention de déclarer la guerre à l’Irak si Bagdad échouait à fournir des renseignements exploitables pour stopper le complot impliquant des détournements d’avion et une frappe contre le World Trade Center. Nous bombarderions l’Irak plus sauvagement que jamais – et le renverrions à l’âge de pierre. »
Mon responsable à la CIA m’a en outre demandé de souligner le fait que la menace de guerre « qui émanait des plus hauts niveaux du gouvernement – au-dessus du Directeur de la CIA et du Secrétaire d’État. » Il a estimé que les avertissements auraient plus de poids si les diplomates irakiens avaient conscience du pouvoir de ceux qui formulaient ces menaces.
Étant donné que je représentais le principal canal « secret » de communication avec Bagdad entre 1996 et 2003, j’ai continué de transmettre ce même message avec toutes les précisions voulues, d’avril-mai 2001 jusqu’au 4 août 2001. Je peux déterminer la date avec précision, car la conversation avec mon chef à la CIA eut lieu le jour même où se tint l’audience du Sénat pour confirmer la nomination de Robert Mueller à la tète du FBI.
Mon responsable à la CIA, le docteur Richard Fuisz a supposé tout haut que l’attaque du 11-Septembre pourrait survenir, et il l’a fait avant même que Mueller ne prenne officiellement le poste de Directeur du FBI.
Dans la même conversation, le docteur Fuisz m’a avertie que je ne devais pas retourner à New York, parce que l’attaque était ‘imminente’ et que la CIA s’attendait à des ‘pertes massives’ et à un ‘éventuel dispositif thermonucléaire miniature’. Passant outre ses objections, j’ai insisté pour retourner une dernière fois à l’ambassade d’Irak à l’ONU afin de vérifier si les diplomates avaient reçu des rapports de Bagdad. J’ai ensuite promis de ne pas remettre les pieds à New York jusqu’à ce que les attentats aient eu lieu.
Ma réunion avec les diplomates irakiens s’est déroulée deux jours plus tard, le samedi 4 août. Et je ne suis retournée à New York que le 18 septembre.
Soyons clairs : la menace n’était ni vague ni indéterminée. Nous nous attendions vraiment à des détournements d’avion et à une certaine forme de frappe aérienne visant spécifiquement le World Trade Center. Aucune autre cible ou lieu n’a jamais été évoqué.
Les détails du complot du 11-Septembre et le récit complet du Renseignement d’avant la guerre en Irak sont révélés dans mon livre, “Extreme Prejudice: The Terrifying Story of the Patriot Act and the Cover Ups of 9/11 and Iraq.” Cet ouvrage constitue un authentique thriller d’espionnage, et s’attache au vrai fond du problème, alors que cet article ne fait qu’en effleurer la surface.
‘Extreme Prejudice’ révèle une réalité très différente de ce que l’Amérique a entendu jusque-là. Je défie le Congrès de me faire prêter serment et de me poser toutes les questions qu’ils veulent. Les Américains ont le droit d’entendre mon témoignage direct, qui révélera la chronologie complète de nos discussions à propos de ce complot, et aussi celle de tous nos efforts pour empêcher ces attentats.
Attendez-vous à être surpris. En tant qu’activiste antiguerre de longue date, j’ai vraiment été troublée par les menaces qu’il m’avait été demandé de délivrer aux diplomates irakiens. Et je ne suis pas quelqu’un de passif.
Ajoutant à la tension, durant l’été 2001 la communauté internationale avait développé un profond écœurement à l’égard des sanctions de l’ONU qui détruisaient le tissu social et l’infrastructure publique de l’Irak. Les sanctions de l’ONU – que j’ai également condamnées – étaient sur le point de se terminer. La communauté internationale aurait condamné toute intervention militaire unilatérale contre l’Irak.
La CIA connaissait à l’avance le sort réservé à l’Irak. A l’insu du public, depuis les premiers jours de l’administration Bush en janvier 2001[1], notre équipe avait commencé à élaborer un plan d’ensemble pour que tous les objectifs des USA soient atteints – y compris les inspections d’armes sur le terrain – et que les États-Unis puissent prétendre à une victoire significative tout en cédant à la pression pour que les sanctions de l’ONU prennent fin.
L’anti-terrorisme était une composante centrale de notre plan de paix. En fait, l’Irak avait donné son accord en février 2001 pour qu’une unité opérationnelle du FBI vienne sur place enquêter sur le terrorisme irakien. La CIA avait également obtenu l’accord de l’Irak sur des contrats de grandes reconstructions pour les sociétés américaines dans les télécommunications, les hôpitaux et les soins de santé, les transports – et le pétrole. Les États-Unis prenaient tout ce qu’ils voulaient. Et la CIA voulait tout.
Nos efforts conjugués pour stopper le 11-Septembre
Lorsque mon responsable à la CIA, le docteur Fuisz m’a informée le 2 août que l’attaque du 11-Septembre était en train de se mettre en place et était même considérée comme ‘imminente’, nous avons décidé d’un commun accord de tout faire pour empêcher cette tragédie.
Je ne suis pas en train de vous parler de ce qu’on fait les autres, mais de ce que j’ai moi-même entrepris ‘en temps réel’ pour empêcher les attentats du 11-Septembre de se produire.
Le lundi 6 août, j’ai remis mon rapport au docteur Fuisz suite à mon voyage à New York. Je lui ai dit que les diplomates irakiens avaient baissé les bras. Ils n’avaient rien à nous donner. Oui, m’ont-ils assuré, Bagdad était pleinement conscient que l’Irak faisait face à une menace de guerre de grande ampleur si une attaque du style du 11-Septembre survenait. Ils ont compris qu’il était dans leur intérêt de nous fournir même le plus petit renseignement qui pourrait nous aider à stopper l’attaque. Ils ont compris que le 11-Septembre compliquerait notre plan de paix exactement au moment où la communauté internationale s’apprêtait à rejeter les sanctions de l’ONU. Résultat des courses, ils n’avaient rien à nous offrir.
Ma position dans cette discussion avait quelque chose d’étrange, car j’éprouvais une profonde antipathie envers les sanctions et envers la violence du terrorisme et de la guerre. Pour ces raisons, j’ai informé le docteur Fuisz que je me sentais très motivée pour faire tout ce qui était en mon pouvoir pour stopper le 11-Septembre, à la fois pour protéger les citoyens de la ville de New York et pour empêcher une guerre inutile – exactement au moment où notre équipe réalisait ce remarquable plan de paix qui allait permettre aux USA d’atteindre tous leurs objectifs.
Sur instructions données par le docteur Fuisz le 6 août, j’ai personnellement téléphoné au cabinet du Procureur général John Ashcroft au Département de la Justice le 7 ou le 8 août. M’identifiant comme l’agent de la CIA couvrant les ambassades d’Irak et de Libye aux Nations Unies, j’ai personnellement demandé que le Bureau d’Ashcroft publie « un bulletin d’alerte d’urgence dans toutes les agences, pour rechercher toute source d’information sur des détournements d’avion, avec comme cible privilégiée le World Trade Center. »
J’ai décrit l’attaque comme ‘imminente’, avec la possibilité de ‘pertes massives’. J’ai demandé le maximum de coopération entre toutes les agences, et aussi que toute information [pertinente] soit immédiatement envoyée à la CIA.
Suite à ma requête, le personnel du sacro-saint bureau du Procureur Général John Ashcroft m’a transmis le numéro de téléphone du Bureau du Contre-terrorisme au Département de la Justice, et m’a urgemment prié de répéter exactement ce que je venais de leur dire. Ce que je fis sans délai. J’ai composé le numéro. J’ai parlé aux employés.
Je ne prenais pas vraiment de risques. Quelques jours plus tard, je rendis visite à mon cousinAndrew Card, Chef de Cabinet à la Maison Blanche. J’ai patienté dans ma voiture pendant que ses voisins épiaient à la fenêtre ; j’étais bien déterminée à le prévenir au sujet de notre scénario du 11-Septembre, et à demander de l’aide au niveau du cabinet pour contrecarrer l’attaque. Hélas, Andy n’est pas rentré. Lorsque je suis partie deux heures plus tard, j’ai pensé que j’étais en train de commettre la plus grande erreur de ma vie.
Il restait beaucoup de temps pour contrecarrer l’attaque. Les Américains ont le droit de connaître la façon dont les hauts responsables du gouvernement ont accueilli nos avertissements, et ont en réalité contrarié nos efforts dès août 2001.
Beaucoup de choses se sont produites durant ce mois d’août 2001 – y compris une seconde série d’événements dont j’ai eu vent plusieurs années après, qui impliquait une équipe autonome non-identifiée chargée de poser des explosifs dans les Tours Jumelles. Mon prochain article expliquera comment ces deux complots ont convergé. Contrairement à ce que suppose l’association pour la vérité sur le 11/9, ces deux opérations ne s’annihilent pas l’une l’autre.
Mais les Américains doivent d’abord comprendre que l’opération du 11-Septembre fut réellement une forme d’abdication, un authentique Pearl Harbor, autrement dit, les services de Renseignement américains et étrangers avaient très bien compris ce qui allait arriver.
Les hautes sphères de l’administration américaine ont pris la décision de laisser l’attaque se produire – parce que la décision d’utiliser le 11-Septembre comme prétexte pour déclarer la guerre à l’Irak avait déjà été prise. Alors même qu’à l’époque la paix s’installait au Moyen-Orient, le « Parti de la Guerre » a exigé une menace massive pour pouvoir renverser le processus de paix. Ils ont décidé clairement que rien ne pourrait faire obstacle à cet objectif.
Une fois que l’on a ces éléments en tête, le 11-Septembre devient compréhensible.
Une partie de mon témoignage surprendra l’Amérique – comme les efforts du gouvernement de Saddam Hussein pour garantir une coopération totale de l’Irak dans la lutte anti-terroriste internationale avant et après le 11-Septembre. Ceci sera expliqué dans un prochain article.
En fin de compte, mon livre, « Extreme Prejudice »fournit une vision d’ensemble de la brutalité utilisée par le Département de la Justice pour me réduire au silence, moi et d’autres agents, en utilisant le PATRIOT ACT comme arme pour garantir la réussite de sa supercherie. (Un indice : C’est en regardant la télévision depuis la prison que d’autres agents ont assisté [comme moi] aux dissimulations sur le 11/9. J’étais loin d’être la seule prisonnière).
Oh tout n’a pas été si mal ! Mon responsable de la CIA a reçu en novembre 2001 la somme de 13 millions de dollars exonérés d’impôts pour les enquêtes sur le 11-Septembre – il s’est construit une immense demeure située à un jet de pierre du quartier général de la CIA à McLean, en Virginie. Pas un centime n’a été dépensé pour le 11-Septembre.
Cela dit, le gouvernement ne s’en plaint pas. Mais détourner l’argent du contribuable destiné à la coopération irakienne pour l’enquête sur le 11-Septembre, c’est enlever le pain de ma bouche. J’ai payé un prix terrible. Plus d’informations très bientôt.
La démocratie exige la transparence
Tous les avertissements concernant le 11-Septembre, la dissimulation – les arrestations et les pots de vin – devraient déranger aussi bien les Démocrates que les Républicains qui se vantent du soutien de leur hiérarchie envers les personnes activement engagées dans la lutte contre le terrorisme. Cela revient à trahir leur serment de fidélité, c’est évident. Et cela noircit leur rôle de garant de la sécurité nationale, qui sera une mis à l’épreuve lors de la campagne électorale de 2012. Ceux qui ne se soucient pas du bien-être des citoyens ne doivent par être au gouvernement.
En deux mots, la démocratie exige la transparence envers le citoyen. Les Américains ont le droit fondamental de connaître la vérité sur le 11-Septembre, et sur la décision prise plusieurs mois avant les attentats de déclarer la guerre à l’Irak – par les temps qui courent, la sécurité nationale est une affaire sérieuse. Les Américains exigent des éclaircissements, pour évaluer la performance des dirigeants et la qualité de la politique mise en œuvre en leur nom.
Les dirigeants sincères et bien intentionnés ne doivent pas avoir peur. En revanche, les dirigeants malveillants doivent être renvoyés, et ce, pour le bien du gouvernement. Plus inquiétant, l’héritage du 11-Septembre s’est révélé être préjudiciable pour la sécurité de notre pays.
Selon le National Journal, la lutte contre ce monstre fantomatique du terrorisme met en jeu aujourd’hui 1 271 agences gouvernementales, générant 50 000 rapports par an du renseignement que d’ailleurs personne ne lit.
Pendant ce temps, ‘les budgets secrets’ pour des opérations de renseignements se sont multipliés à raison de 75 milliards de dollars par an, finançant la surveillance nationale et internationale qui contrôle les citoyens respectueux des lois de ce pays.
Il n’existe aucune autorité de contrôle fédéral ou de surveillance du Congrès pour ces ‘budgets secrets’. Le tout est exonéré d’impôts et non régulé. C’est un gouvernement secret devenu incontrôlable.
La mort d’Oussama Ben Laden a peut-être été une grande victoire pour la CIA, mais elle ne ramènera pas les soldats américains d’Irak et d’Afghanistan, où les opérations militaires ont coûté 1 600 milliards de dollars et cela continue. Elle ne mettra pas fin au non-sens de la guerre contre la Libye, qui n’a aucune justification.[2]
La mort d’Oussama Ben Laden n’annulera pas les étapes programmées pour les futures guerres contre la Syrie, et Dieu nous en protège, l’Iran.
Est-ce vraiment patriotique de rester silencieux pendant que le complexe militaro-industriel dévore notre économie pour ses propres intérêts ? Et sans que cela bénéficie aux soldats américains ? L’Amiral Mullen, chef d’état-major, ne le considère pas de cette manière. Il a décrit la dette nationale américaine comme ‘la plus grande menace pour notre sécurité nationale’.
Notre pays se trouve au bord du précipice. Si nous voulons restaurer les grandes traditions de liberté et d’autorité morale, nous devons réapprendre l’histoire du 11-Septembre.
Nous devons reconnaître que les menaces réelles pour notre qualité de vie ne se trouvent pas ‘dehors’. Elles commencent ici. Et ces menaces sont perpétrées par les mythes que nos dirigeants ont inventés au cours de cette tragique matinée.
Aujourd’hui sonne le glas du mensonge. La réussite de notre politique de sécurité nationale, et notre capacité à éviter de futures guerres qui ne feront que détruire cette planète, en dépendent. Le prochain article de cette série montrera comment la théorie des explosifs va de pair avec celle des détournements d’avion et de la frappe aérienne sur le World Trade Center. Les Américains comprendront pourquoi les deux ne sont absolument pas contradictoires.
Susan Lindauer
TheIntelHub, 10 mai 2011
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Journaliste - Jürgen Elsässer | |
20 juin 2006
Jürgen Elsässer : « La CIA a recruté et formé les djihadistes ».
Silvia CATTORI
Le chaudron yougoslave
Réseau Voltaire, 15 juin 2006.
Dans son dernier ouvrage, « Comment le Djihad est arrivé en Europe », le journaliste allemand Jürgen Elsässer met en évidence la continuité de la filière djihadiste.
Des combattants musulmans recrutés par la CIA pour lutter contre les Soviétiques en Afghanistan ont été employés successivement en Yougoslavie et en Tchétchènie, toujours avec le soutien de la CIA, mais peut-être parfois hors de son contrôle. S’appuyant sur des sources ouvertes diversifiées, principalement yougoslaves, néerlandaises et allemandes, il a reconstitué le parcours d’Oussama Ben Laden et de ses lieutenants en Bosnie-Herzégovine aux côtés de l’OTAN.
Depuis Genève (Suisse).
Silvia Cattori : Votre enquête sur les agissements des services secrets fait un constat effrayant. C’est ainsi que l’on découvre que depuis les années 80 les États-Unis ont investi des milliards de dollars pour financer des activités criminelles et que par le biais de la CIA ils sont directement impliqués dans des attentats que l’on attribue à des musulmans. Quel est l’apport de votre livre ?
Jurgen Elsässer : C’est le seul ouvrage qui établit le lien entre les guerres dans les Balkans des années 90 et les attentats du 11 septembre 2001. Tous les grands attentats, à New York, à Londres, à Madrid, n’auraient jamais eu lieu sans le recrutement par les services secrets américains et britanniques de ces djihadistes à qui l’ont attribue les attentats. Sur les manipulations des services j’apporte un nouvel éclairage. D’autres livres que le mien ont fait état de la présence d’Oussama Ben Laden dans les Balkans. Mais leurs auteurs ont présenté ces combattants musulmans présents dans les Balkans, comme des ennemis de l’Occident. Les informations que j’ai collectées à de multiples sources, démontrent que ces djihadistes sont des marionnettes entre les mains de l’Occident et non pas, comme on le prétend, des ennemis.
Silvia Cattori : Dans le cas de la guerre des Balkans, les manipulations d’États sont clairement désignées dans votre livre. Les États-Unis ont soutenu Ben Laden qui avait pour travail de former les Moudjahidines. Nul ne peut donc plus ignorer que ces attentats qui glacent l’opinion n’auraient jamais existé si les « terroristes » n’avaient pas été entraînés et financés par les services secrets occidentaux ?
Jürgen Elsässer : Oui, en effet, c’est le résultat de faits que l’on peut observer. Mais on ne peut pas dire que l’intervention des pays occidentaux en ex-Yougoslavie avait pour objectif de préparer les attentats du 11 septembre. Pour être précis : ces attentats sont une conséquence de la politique occidentale des années 90 car l’OTAN a mis en place ces djihadistes dans les Balkans et a collaboré avec eux. Les militants musulmans qui ont été désignés comme responsables des attentats du 11 septembre ont fait partie de ce réseau.
Silvia Cattori : Selon vous, quel était l’intérêt des États-Unis et de l’Allemagne à dresser les peuples des Balkans les uns contre les autres ?
Jürgen Elsässer : L’Occident avait un intérêt commun à détruire la Yougoslavie, à la démembrer, parce que, après la fin du bloc soviétique, elle aurait été un modèle de combinaison intelligente entre éléments capitalistes et socialistes. Mais l’Occident voulait imposer le modèle néolibéral à tous les pays.
Silvia Cattori : L’Europe ne s’est-elle pas imprudemment engagée dans une guerre manipulée par les néoconservateurs ?
Jürgen Elsässer : C’est difficile à dire. Je crois que, dans les années 90, la politique des États-Unis, était inspirée par leur victoire contre les Soviétiques en Afghanistan. C’était le modèle qu’ils voulaient appliquer aux Balkans. Si, ces années-là, l’économie des États-Unis n’était pas tombée dans la dépression, peut-être que des politiciens plus réalistes, comme Kissinger, auraient pu garder le contrôle de la politique américaine. Je pense que la coïncidence entre la dépression économique et l’agressivité de l’école néoconservatrice a déterminé ce qui s’est passé.
Silvia Cattori : Pensez-vous qu’un dirigeant comme Blair, par exemple, une fois embarqué dans les projets des néoconservateurs, à un certain point, il en est devenu l’otage ?
Jürgen Elsässer : Je ne connais pas assez bien la position de Blair. C’est plus facile de voir ce qui se passe aux États-Unis. On peut voir que Bush est l’otage de son entourage. Et, comme il n’est pas très intelligent, il n’est pas en mesure de prendre les décisions et doit suivre les idées de son entourage. Il est clair que son père était contre l’attaque contre l’Irak en 2003.
Silvia Cattori : La première guerre du Golfe ne faisait-elle pas partie d’un plan visant à déclencher d’autres guerres par la suite ?
Jürgen Elsässer : Non, il n’y a pas eu de lien avec la guerre en Irak en 1991. Il y a eu deux phases. Jusqu’à la fin de la période Clinton, la politique des États-Unis était impérialiste, mais en même temps pragmatique. Ils ont chassé les Soviétiques hors d’Afghanistan. Ils ont vaincu l’Irak en 1991. Leur guerre s’est arrêté une fois le Koweït libéré. Ensuite ils ont attaqué la Bosnie et la Yougoslavie ; mais cela s’est produit étape par étape. Tout est allé hors de contrôle après le 11 septembre.
Silvia Cattori : Les néoconservateurs n’y sont pour rien ?
Jürgen Elsässer : Les néoconservateurs, groupés autour de Perle, avaient rédigé un document, un an avant le 11 septembre, selon lequel l’Amérique avait besoin d’un évènement catalyseur comme l’attaque de Pearl Harbour. Le 11 septembre fut cet évènement catalyseur. Je crois que les gens autour de Perle ont souhaité les attentats du 11 septembre.
Silvia Cattori : Quel était l’objectif poursuivi par les États-Unis en attaquant la Serbie ? S’agissait-il simplement, comme l’indique votre livre, de s’installer dans une région stratégique située sur une voie de transit pour le pétrole et le gaz d’Asie centrale ? Ou l’alliance des États-Unis avec les combattants musulmans dirigés par Izetbegovic, avait-elle un second objectif : créer un foyer d’extrémisme musulman aux portes de l’Europe pour s’en servir dans le cadre de manipulations terroristes ? Et, si oui, dans quel but ?
Jürgen Elsässer : Les États-Unis voulaient, comme l’Autriche à la fin du 19ème siècle en Bosnie, créer un Islam « européen » pour affaiblir les états islamiques au Moyen-Orient, c’est-à-dire, à cette époque, l’Empire Ottoman, aujourd’hui l’Iran et les états arabes. Les néoconservateurs avaient encore d’autres plans : construire un réseau clandestin de marionnettes « fondamentalistes » pour faire le sale travail contre la « vieille » Europe.
Silvia Cattori : Résultat, une guerre civile terrible. Comment l’Europe a-t-elle pu participer à la destruction de la Yougoslavie, qui apparaissait comme un exemple de cohabitation parfaitement réussie entre ethnies ? En faisant des Serbes les coupables, l’Europe n’a-t-elle pas fait voler en éclat un pays qui était une des constructions majeures de l’après-guerre. Sur quelle légitimité l’Europe fondait-elle son intervention ?
Jürgen Elsässer : D’abord, au début des années 90, l’Allemagne a mené l’attaque en se basant sur les principes de l’auto-détermination « ethnique » : c’est-à-dire la vieille ruse d’Hitler contre la Tchécoslovaquie et la Pologne en 1938/39. Ensuite, les États-Unis, ont pris le relais et ont fait l’éloge des « droits de l’homme », une escroquerie évidente.
Silvia Cattori : Dans votre enquête, Israël n’est jamais mentionné. N’avez-vous pas minimisé l’importance des néoconservateurs pro-israéliens qui, à l’intérieur du Pentagone, serviraient davantage les intérêts d’Israël que ceux des États-Unis ?
Jürgen Elsässer : Il y a des Israéliens qui ont collaboré avec les néoconservateurs, c’est un fait. Mais je ne suis pas sûr du rôle joué par Israël dans cette affaire. Sharon était contre le soutien des Albanais du Kossovo par l’OTAN. Et, en 1998, il a exprimé sa crainte à l’idée que l’OTAN soutienne la mise en place d’éléments pro-islamiques dans les Balkans. Je crois également qu’il n’était pas favorable à cette guerre l’année suivante.
Silvia Cattori : Vous ne voyez pas non plus de lien entre les services secrets israéliens et les attentats du 11 septembre 2001 ?
Jürgen Elsässer : Il y a des liens, mais je n’ai pas analysé le caractère de ces liens. Par exemple, immédiatement après le 11 septembre, un certain nombre d’agents israéliens ont été arrêtés aux États-Unis. Ils étaient présents sur les lieux où se préparaient les attentats. Il y a des analystes qui disent que c’est là une preuve qu’Israël était directement impliqué dans ces attentats. Mais cela pourrait également signifier autre chose. Il se pourrait que ces agents observaient ce qui se passait, qu’ils étaient au courant que les services secrets américains soutenaient ces « terroristes » dans la préparation de ces attentats, mais qu’ils garderaient leur savoir pour s’en servir au moment opportun, et pouvoir exercer un chantage le moment venu : « Si vous ne soutenez pas davantage Israël, nous allons livrer ces informations aux médias ». Il y a même une troisième possibilité, à savoir que ces espions israéliens voulaient prévenir les attaques mais ont échoué. En ce moment, nous savons seulement que ces types étaient sur place et qu’ils ont été arrêtés. Des investigations supplémentaires sont nécessaires.
Silvia Cattori : Ces liens mettent-ils en évidence que les attentats du 11 septembre 2001 faisaient partie d’un plan conçu de longue date ?
Jürgen Elsässer : Je ne suis pas certain qu’il y avait un plan établi de longue date. Il se peut que des gens comme Richard Perle improvisent beaucoup et se servent d’éléments criminels qu’ils ont mis en place mais qu’ils ne contrôlent pas en permanence. Comme, lors de l’assassinat de Kennedy, il est clair que la CIA était impliquée, mais on ne sait pas si cela avait été planifié au sommet, à Langley [le quartier général de la CIA], ou si ce sont les milieux les plus violents des exilés cubains travaillant pour la CIA qui l’on fait, le quartier général de la CIA se bornant à le tolérer.
Silvia Cattori : Si, demain, ces personnages regroupés autour de Perle étaient mis à l’écart, la stratégie de guerre antimusulmane des États-Unis et les manipulations qui la justifient, s’arrêteraient-elles ?
Jürgen Elsässer : Elle s’arrête quand ils perdent une guerre.
Silvia Cattori : La guerre, ne l’ont-ils pas perdue en Irak ?
Jürgen Elsässer : La guerre ne sera perdue que quand ils quitteront le pays, comme au Vietnam.
Silvia Cattori : Ces musulmans qui, comme Mohammed Atta, étaient des citoyens ordinaires avant d’être enrôlés par la CIA, comment ont-ils pu être conduits à des actions aussi terrifiantes, sans savoir qu’ils étaient manipulés par les agents secrets du camp opposé ?
Jürgen Elsässer : Il y a des jeunes qui peuvent être fanatisés et manipulés très facilement par des services. Les personnages haut placés n’ignorent pas ce qui se passe et savent par qui ils sont engagés.
Silvia Cattori : Ben Laden, par exemple, savait-il qu’il servait les intérêts des États-Unis ?
Jürgen Elsässer : Je n’ai pas étudié son cas. J’ai étudié le cas d’Al Zawahiri, le bras droit de Ben Laden, qui était le chef des opérations dans les Balkans. Au début des années 90, il a voyagé tout au travers des États-Unis avec un agent de l’US-Special Command pour collecter de l’argent pour le Djihad ; cet homme savait qu’il participait à cette collecte d’argent dans une activité qui était appuyée par les États-Unis.
Silvia Cattori : Tout cela est très inquiétant. Vous apportez la preuve que les attentats qui se sont produits depuis 1996 (les attentats dans le métro de Paris), n’auraient jamais été possibles si la guerre dans les Balkans n’avait pas eu lieu. Et ces attentats qui ont fait des milliers de victimes vous les imputez à des services occidentaux. L’opinion en Occident a donc été trompée par des gouvernements embarqués dans des actions terroristes ?
Jürgen Elsässer : Le réseau terroriste que les services secrets américains et britanniques ont formé durant la guerre civile en Bosnie et plus tard au Kossovo, a fourni un réservoir de militants que l’on a ensuite retrouvés impliqué dans les attentats de New York, Madrid, Londres.
Silvia Cattori : Comment cela s’est-il passé concrètement ?
Jürgen Elsässer : Une fois la guerre en Afghanistan finie, Oussama Ben Laden a recruté ces militants djhadistes. C’était son travail. C’est lui qui les a entraînés, partiellement avec le soutien de la CIA, et qui les a mis en place en Bosnie. Les Américains ont toléré la connexion qu’il y avait entre le Président Izetbegovic et Ben Laden. Deux années plus tard, en 1994, les Américains ont commencé à envoyer des armes, dans une opération clandestine commune avec l’Iran. Après le traité de Dayton, en novembre 1995, la CIA et le Pentagone ont recruté les meilleurs des djihadistes qui avaient combattu en Bosnie.
Silvia Cattori : Comment cela se fait-il que ces musulmans se soient mis entre les mains de services qui servaient des intérêts idéologiques opposés aux leurs ?
Jürgen Elsässer : J’ai analysé les témoignages donnés par quelques djihadistes interrogés par les juges allemands. Ils ont dit qu’après le traité de Dayton, qui stipulait que tous les ex-combattants étrangers devaient quitter le pays, ils n’avaient plus d’argent et nulle part où aller. Quant à ceux qui pouvaient rester en Bosnie, parce qu’on leur avait fourni des passeports bosniaques, ils étaient eux aussi sans travail et sans argent. Le jour où des recruteurs sont venus sonner à leur porte et leur ont proposé 3000 dollars par mois, pour servir dans l’armée bosniaque, ils ne savaient pas qu’ils étaient recrutés et payés par des émissaires de la CIA pour servir les États-Unis.
Silvia Cattori : Par la suite, quand on les a envoyés préparer des attentats à Londres en juillet 2005, par exemple, ne se sont-ils pas rendus compte qu’ils étaient entre les mains d’agents secrets occidentaux qui les manipulaient ?
Jürgen Elsässer : Il n’est pas clair que ce soient réellement des jeunes musulmans issus de la banlieue de Londres qui aient commis les attentats, comme la police l’a prétendu. Il y a d’autres indices selon lesquels les bombes étaient fixées sous les rames. Il est aussi possible que des bombes aient été fixées sous les rames sans que ces jeunes le sachent. Dans ce cas là, il n’est pas sûr que les jeunes musulmans que l’enquête a incriminés, aient commis ces attentats.
Silvia Cattori : On peine à cerner le but que poursuivent les États occidentaux en engageant leurs services dans des manipulations criminelles ?
Jürgen Elsässer : Ce n’est pas facile à dire. Souvenez-vous de l’assassinat de Kennedy. Qui a fait cela ? C’est sûr que ce sont des gens de la CIA qui ont soutenu le deuxième tueur, c’est sûr qu’Oswald a été assassiné par un homme qui avait été mandaté par la CIA. Ce qui n’est pas clair, c’est si ces hommes recrutés par la CIA ont agi sur ordre de Johnson ou de Dulles, ou s’ils étaient liés à des milieux d’exilés cubains extrémistes, c’est-à-dire affiliés à la maffia. Je ne crois pas que Bush ou Blair soient les chefs. Je ne crois pas en la théorie de la grande conspiration. Je crois que les services secrets engagent des hommes à qui l’on ordonne d’exécuter les affaires sales ; ces agents agissent comme ils veulent. Peut-être savez-vous que le 11 septembre 2001, quelqu’un a essayé de tuer Bush. Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est difficile à expliquer.
Silvia Cattori : Vous voulez dire que Bush, par exemple, est lui-même otage de gens qui, à l’intérieur du Pentagone, forment un État dans l’État qui échappe également au commandement de l’armée américaine ?
Jürgen Elsässer : Oui. Bush est stupide. Il n’est qu’un instrument entre les mains d’autres personnes.
Silvia Cattori : Vous pensez à des gens qui sont sous l’influence directe de personnages comme Perle, Wolfowitz, Feith ? Vous pensez que ce serait eux qui, après la guerre des Balkans, auraient été les véritables commanditaires de ces attentats et que ces attentats ne sont pas séparés les uns des autres, qu’il y a un lien entre Madrid et Londres ? Cela veut-il dire que les États-uniens sont prêts à s’allier avec le diable pour semer le chaos partout dans le cadre de cette guerre antimusulmane, anti-arabe menées sous prétexte de terrorisme ? Un terrorisme fabriqué ?
Jürgen Elsässer : Oui, il y a un double gouvernement qui échappe au contrôle de Bush. Ce sont des néoconservateurs, comme Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz, Perle, des gens liés au pétrole et aux industries militaires. Le chaos global est dans l’intérêt de l’industrie militaire : quand il y a le chaos dans le monde entier, on peut vendre des armes et le pétrole plus cher.
Silvia Cattori : Youssef Asckar a très bien décrit cet État dans l’État auquel vous donnez crédit [1] . Israël n’est-il pas le premier pays intéressé par cette stratégie du chaos, donc par la manipulation des attentats terroristes ? La propagande du lobby pro-israélien ne tend-t-elle pas à faire croire qu’Israël est menacé par des Arabes fanatisés ?
Jürgen Elsässer : Ce n’est pas certain que cette stratégie puisse servir les intérêts d’Israël car, si les choses continuent de la sorte, tout le Proche-Orient sera en flammes, y compris Israël. On s’est servi du même procédé durant la guerre en Bosnie. Pour diaboliser les Serbes, les médias de l’Ouest ont inventé les histoires de camps de concentration et fait des montages photographiques pour comparer les Serbes à des nazis. Cette propagande visait à gagner l’opinion à la guerre contre la Serbie mais, en ce qui concerne les États-Unis, elle n’était pas forcément alimentée par le lobby juif mais par des stratèges chrétiens et athées. Ces stratèges jouent la carte « juive ». C’est ma thèse. On voit cela actuellement avec la propagande contre l’Iran ; les stratèges de la guerre jouent la carte « juive » pour impressionner les gens qui ont plus de morale que d’intelligence.
Silvia Cattori : Les manipulations récentes viennent confirmer, en partie, votre thèse : au même moment où les États-Unis voulaient faire passer au Conseil de Sécurité des sanctions contre l’Iran, un journal canadien a écrit que l’Iran voulait contraindre les juifs iraniens à porter l’équivalent d’une étoile jaune [2]. Mais je me référais à ces personnalités ouvertement pro-israéliennes qui, en France par exemple, jouent un rôle important dans la formation de l’opinion car elles occupent des positions médiatiques stratégiques, et dont le parti pris communautaire les conduits toujours à appuyer la politique d’Israël et des États-Unis, peut importe si elle est criminelle.
Souvenez-vous du soutien actif apporté à Izetbegovic en Bosnie par Bernard-Henri Lévy et Bernard Kouchner. Une fois la Serbie à genoux, ils ont tout de suite dirigé leur propagande contre les Arabes et les musulmans ; il s’agissait cette fois de mobiliser l’opinion en faveur de la « guerre des civilisations ». Quand ils ont parlé de « camps de concentration » pour associer les Serbes à Hitler, n’ont-ils pas participé aux manipulations de l’OTAN ?
Jürgen Elsässer : Nous avons assisté au même phénomène en Allemagne. Les journalistes juifs qui soutenaient la guerre contre la Yougoslavie avaient accès aux plateaux télévisés. Mais les journalistes qui étaient contre, qu’ils fussent de confession juive ou pas, ont été écartés du débat. Je pense que les médias et les politiques se servent des voix juives pour des enjeux géostratégiques.
Silvia Cattori : Si, comme vous le dites, ce qui s’est passé dans les Balkans n’était que la répétition de ce qui s’était passé en Afghanistan, ce qui a succédé faisait donc partie du même processus. Pensez-vous que nos autorités connaissent les risques des guerres provoquées par leurs services secrets ?
Jürgen Elsässer : Mon espoir est qu’il y ait une réaction de la part des militaires aux États-Unis. Il y a parmi eux des gens qui savent très bien que toutes ces guerres ne sont pas intelligentes. Ils savent que les États-Unis vont perdre cette guerre. Dans l’armée américaine, ils sont impérialistes mais ils ne sont pas fous, ils ne sont pas d’accord avec ce qui se passe. Mais les néoconservateurs sont fous, ils veulent faire la Troisième Guerre mondiale contre tous les Arabes et tous les musulmans, comme Hitler qui voulait tuer tous les juifs et attaquer tous les autres pays ; les généraux allemands avaient averti Hitler de ce qu’il risquait.
Silvia Cattori : Votre espoir est qu’un changement survienne de manière inattendue ?
Jürgen Elsässer : Pour arrêter cette folie, je ne vois de possibilité de changement que parmi des forces qui sont, elles, restées rationnelles. Le commandement supérieur de l’armée américaine a écrit une lettre à Bush pour dire qu’il ne veut pas participer à une attaque contre l’Iran avec une arme nucléaire. Peut-être que Bush attaquera ; mais les conséquences seraient plus graves que dans le cas d’Irak. Il s’est passé la même chose avec les nazis : ils attaquent, ils attaquent, et un jour il y a Stalingrad et le début de la défaite. Mais cette aventure a coûté la vie de 60 millions d’êtres humains.
Silvia Cattori : Est-ce bien là ce qui a motivé votre effort en écrivant ce livre : alerter les consciences afin d’éviter de nouveaux désastres et de nouvelles souffrances ? D’autant qu’après l’Irak ce serait au tour de l’Iran ?
Jürgen Elsässer : Oui. Mais des personnages comme Bush se fichent de tout cela. Je ne suis pas totalement pessimiste sur l’Iran : on pourrait voir une répétition de l’axe Paris, Berlin, Moscou. Notre chancelière, qui est normalement une marionnette des États-Unis, a offert une coopération stratégique à la Russie, car l’Allemagne dépend entièrement du pétrole et du gaz russe. C’est un argument fort. Les Allemands sont des impérialistes, mais ils ne sont pas fous.
Silvia Cattori : Dans les Balkans n’est-ce pas l’Allemagne qui a ouvert la porte à la guerre ?
Jürgen Elsässer : Oui, c’est vrai. Mais, aujourd’hui, vous voyez que Joschka Fischer et Madeleine Albright ont envoyé une lettre ouverte à Bush pour lui dire de ne pas attaquer l’Iran. Mme Albright a précisé que l’on ne peut pas attaquer tous les gens que l’on n’aime pas. C’est rationnel.
Silvia Cattori : Avez-vous pu recueillir ces éléments qui illustrent les agissements des services secrets parce que, aujourd’hui, inquiets de l’évolution de la politique internationale, des gens commencent à parler ?
Jürgen Elsässer : Oui. Je me suis beaucoup appuyé sur les informations de gens qui travaillent au sein de « la bête ».
Silvia Cattori : Partout dans le monde ?
Jürgen Elsässer : Je peux seulement vous dire que ce sont des gens en Europe de l’Ouest. Ce sont des gens qui n’ont pas cessé d’utiliser leur tête.
Silvia Cattori : Pour avoir la preuve des manipulations qui ont entouré l’« Incident du Golfe du Tonkin », incident qui a permis aux États-Unis de déclencher la guerre contre le peuple vietnamien, il a fallu attendre longtemps. Les choses ont-elles donc changé aujourd’hui ce qui permettrait de riposter à temps ?
Jürgen Elsässer : Il y a une grande différence entre la situation des années 60 et celle d’aujourd’hui. En République fédérale d’Allemagne, par exemple, on était à cette époque en faveur de la guerre contre les communistes au Vietnam. La version officielle qui disait notre république en danger d’être attaquée par les communistes était partagée par une grande partie de l’opinion. Ce qui a changé c’est, qu’aujourd’hui, la majorité de la population est contre la guerre, sans discussion.
Silvia Cattori : Vous soulignez à juste titre le caractère religieux extrémiste de la Bosnie-Herzégovine sous Izetbegovic mais, alors que vous doutez du soutien d’Israël à cette espèce d’ébauche de l’émirat des Taliban, ne surévaluez-vous pas le rôle de l’Iran et de l’Arabie saoudite ? Richard Perle était le principal conseiller politique d’Izetbegovic. Les Iraniens et les Saoudiens n’ont-ils pas fait de la surenchère islamique en espérant prendre le contrôle d’un régime musulman qui ne tenait ses ordres que de Tel-Aviv et Washington. En fait, Izetbegovic n’était-il pas un agent d’Israël ?
Jürgen Elsässer : Le Mossad a aidé les Serbes bosniaques, ils leur ont même fourni des armes. Il n’y a rien qui indique que le gouvernement israélien ait aidé Izetbegovic. Il a été soutenu par les Américains, et Clinton s’appuyait sur le lobby sioniste aux États-Unis, mais ce lobby n’avait pas le soutien du gouvernement israélien pendant la guerre de Bosnie.
Silvia Cattori : En ce qui concerne certaines de vos sources, peut-on accorder crédit aux assertions de Yossef Bodanski, directeur de Groupe de travail sur le terrorisme et la guerre non conventionnelle près du Sénat américain ?
Jürgen Elsässer : Je ne fais confiance à personne. On prétend que Bodansky a des liens avec des sources du Mossad et cela rend nombre de ses conclusions suspectes. D’un autre côté il porte à notre connaissance beaucoup de faits intéressants qui contredisent la propagande officielle. Dans mon livre, je montre les contradictions au sein des élites dominantes des États-Unis et, à cet égard, Bodansky, est très intéressant.
Silvia Cattori : Il est dit dans votre livre : « Le terrorisme existe au Kossovo et Macédoine, mais dans sa majorité, il n’est pas contrôlé par Ben Laden mais par les services secrets US ». Doutez-vous de l’existence d’Al Qaeda ?
Jürgen Elsässer : Oui, comme je l’ai écrit dans mon livre, c’est de la propagande fabriquée par l’Occident.
Silvia Cattori : On a un peu l’impression que, pour aller au bout de sa logique, votre enquête n’est pas terminée. Certes, la Yougoslavie a été un laboratoire de la fabrication des réseaux islamistes, et votre livre montre bien que ces réseaux servent les intérêts des États-Unis. Pourtant, vous semblez croire en l’existence de réseaux islamistes internationaux qui auraient une base populaire dans le monde musulman, alors qu’en même temps votre recherche démontre que ces réseaux ne sont que des mercenaires des États-Unis et qu’ils n’ont jamais rien fait pour les musulmans ?
Jürgen Elsässer : Regardez l’exemple du Hamas : au début des années 80 il a été fomenté par le Mossad pour contrer l’influence de l’OLP. Mais par la suite, le Hamas a développé sa propre base populaire et, maintenant, il fait partie de la résistance. Mais je parie qu’il y a encore des agents étrangers à l’intérieur du Hamas.
Silvia Cattori : Vous avez mentionné que les inspecteurs des Nations-Unies sont infiltrés d’espions par les États-Unis. Pourrions-nous avoir des précisions ?
Jürgen Elsässer : Certains casques bleus de l’UNPROFOR en Bosnie ont transporté des armes à destinations des Moudjahidines.
Silvia Cattori : Quand Peter Handke affirme que les Serbes ne sont pas les seuls coupables, qu’ils sont les victimes de la guerre des Balkans on le proscrit. Qui a raison dans cette affaire ?
Jürgen Elsässer : De tous les côtés - Serbes, Croates, Musulmans - les gens ordinaires ont tous perdu. Les Musulmans ont gagné la guerre en Bosnie avec l’aide de Ben Laden et de Clinton mais, maintenant, leur pays est occupé par l’OTAN. Ils ont aujourd’hui moins d’indépendance qu’au temps de la Yougoslavie.
Silvia Cattori : Comment votre recherche se situe par rapport à celle d’Andreas Von Bülow et Thierry Meyssan ?
Jurgen Elsässer : Nous partageons la même opinion sur les évènements du 11 septembre 2001 : nous pensons que la version officielle n’est pas vraie. Toutes ces recherches combinées sont très utiles pour pouvoir continuer d’approfondir la réalité des faits. Ma spécialité, est d’avoir fait le lien entre les guerres des Balkans et le 11 septembre, tandis que Thierry Meyssan a analysé l’attaque sur le Pentagone pour démontrer qu’elle était due à un missile et pas à un avion, et que Von Bülow, lui, est arrivé à la conclusion que les avions étaient guidés par une balise.
Silvia Cattori : Pour avoir remis en questions la vérité officielle, Thierry Meyssan a subi le discrédit et le blocage des médias. Allez-vous échapper à cela ?
Jürgen Elsässer : Il y a aussi un blocage contre mon livre. Il n’est pas possible pour un seul auteur de casser ce blocage. Toutefois, cela ne peut empêcher nos thèses de faire leur chemin. Le public n’est pas d’accord avec ce que disent les médias : malgré leur blocage 35 à 40 % des gens ne croient pas ce que les médias leur disent. Il y a l’exemple de l’assassinat de Kennedy : aujourd’hui, 90 % des gens ne croient pas en la version officielle et pensent que l’assassinat de Kennedy était une action de la CIA.
Silvia Cattori : Mettre à jour les manipulations des États, qui se servent de leurs services de sécurité de manière criminelle, ne doit pas être sans danger ?
Jürgen Elsässer : Je crois que le danger vient seulement quand on vend plus de 100 000 livres. En Allemagne, en onze mois, mon livre n’a été vendu qu’à 6 000 exemplaires.
Silvia Cattori, Journaliste suisse.
[1] Lire La « guerre contre le terrorisme » est une guerre contre les peuples » par Youssef Aschkar, Voltaire, 16 mars 2006.
[2] Lire « Iran : les gouvernements anglo-saxons fabriquent de fausses nouvelles », Voltaire, 24 mai 2006.
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