mercredi 23 juillet 2014

Le FBI déjoue encore un complot terroriste… du FBI


Exemple de l’utilisation frauduleuse du 11/9 pour justifier la surveillance abusive de la NSA


Khalid al Mihdhar

Un contre-exemple pour la NSA : La véritable histoire d’un des pirates du 11-Septembre, Khalid al Mihdhar
Par Michael German pour Defense One, le 16 octobre 2013
Traduit par François pour ReOpenNews

Depuis que le lanceur d’alerte Edward Snowden a mis en évidence l’incroyable étendue du programme de surveillance américain sur son propre sol, deux histoires différentes circulent au Congrès.
La première, portée tout récemment par la Sénatrice Dianne Feinstein (Démocrate, Californie) dans le Wall Street Journal soutient que l’interception de toutes les CONVERSATIONS téléphoniques des américains "est nécessaire et doit être poursuivie si nous voulons prévenir les attentats terroristes."
La seconde, soutenue par les Sénateurs Ron Wyden (Démocrate, Oregon), James Sensenbrenner (Républicain, Ohio) et d’autres, prétend que le Département de la Justice, la NSA et le FBI ont, de manière répétée, induit en erreur les membres du Congrès et le public sur la nature exacte de leurs programmes d’espionnage, et que ceux-ci doivent être bridés si on veut préserver les droits des Américains.
Malheureusement pour Feinstein, un simple examen des faits qu’elle a rassemblés pour étayer sa position révèle une confiance aveugle dans des documents douteux émanant de la communauté du renseignement et qui ont déjà été largement réfutés. Les faits concrets montrent clairement que la NSA n’a pas besoin d’enregistrer les conversations téléphoniques de tous les américains dans une énorme base de données pour traquer un petit nombre de terroristes. La NSA doit juste utiliser les outils conventionnels dont elle dispose pour ENQUÊTER sur ses cibles.
La première affirmation de Feinstein, basée sur les témoignages récents du Directeur du FBI Robert Mueller et du Directeur de la NSA, le Général Keith Alexander, repose sur l’idée qu’un programme d’enregistrement des conversations téléphoniques intérieures aurait permis à la communauté du renseignement d’empêcher les attentats du 11-Septembre en révélant que le membre d’al-Qaïda, et futur pirate, Khalid al Mihdhar, se trouvait sur le sol américain. Le 12 juin 2013, Alexander a déclaré DEVANT la Commission Sénatoriale des Attributions Budgétaire (ndt : Commission chargée d’allouer les fonds aux instances gouvernementales et de contrôler leurs dépenses) :
"Nous étions tous inquiets suite au 11-Septembre : Comment allons nous protéger la nation ? Nous avions bien intercepté des appels téléphoniques de Mihdhar mais nous ne savions pas où il se trouvait. Nous n’avions pas les éléments nécessaires pour établir que cette personne était dangereuse. Et parce qu’il était sur le sol américain, nous l’avons traité comme un citoyen américain. Nous n’avions donc aucune information sur ce qu’il préparait." 
Mueller fit une déclaration similaire le jour suivant lors d’un témoignage DEVANT la Commission des Affaires Judiciaires de la Chambre des Représentants :
 "[Khalid al Mihdhar] était surveillé par les agences de renseignement en Extrême-Orient, mais ils ont perdu sa trace. A la même époque, les agences de renseignement avait identifié un repaire d’al-Qaïda au Yémen. Ils ont compris que la maison avait un téléphone mais ils n’étaient pas en mesure de savoir qui appelait cette maison. Plus tard, nous avons fini par découvrir que la personne qui avait appelé était al Mihdhar, qui se trouvait alors aux États Unis à San Diego. Si ce programme avait été opérationnel à l’époque, nous aurions pu identifier ce numéro de téléphone à San Diego."
Le Département de la Justice avait déjà formulé la même remarque dans des notes classifiées transmises aux Comités sur le Renseignement du Sénat et de la Chambre des Représentants en 2009 puis en 2011, alors que le Congrès était en plein débat sur la reconduction du Patriot Act.
Le fait de vouloir utiliser Mihdhar comme la référence centrale pour le nouveau programme d’espionnage intérieur pose cependant quelques problèmes. Les agences de renseignement, qui ont normalement l’avantage de pouvoir garder secret les faits qui pourraient nuire à leur argumentation, semblent avoir oublié que la Commission sur le 11-Septembre, l’Inspecteur Général du Département de la Justice, et les Comités sur le renseignement du Congrès ont publié dans le détail tout ce que le gouvernement savait sur Mihdhar avant les attentats. Il s’avère que la NSA interceptait les appels vers le repaire d’al-Qaïda au Yémen dès 1999 et que le FBI et la CIA savaient tous les deux que Mihdhar était un agent d’al-Qaïda bien avant les attentats du 11-Septembre.
Ce repaire avait été découvert lors de l’enquête du FBI sur les attentats à la bombe de 1998 contre deux ambassades américaines en Afrique de l’est et était surveillé depuis par la CIA et la NSA. Le rapport de l’Inspecteur général ne pouvait pas être plus clair sur le fait que les enregistrements des écoutes téléphoniques étaient largement diffusés :
"Les rapports de la NSA concernant ces communications ont été envoyés, entre autres, au quartier général du FBI, aux bureaux du FBI de Washington et de New York et au Centre antiterroriste de la CIA (CTC). Au FBI, cette information apparaissait dans la note quotidienne sur les menaces terroristes transmise au Directeur le 4 janvier 2000."
Les communications interceptées depuis ce repaire ont permis à la CIA de suivre Mihdhar jusqu’à Kuala Lumpur où se tenait une réunion d’al-Qaïda en janvier 2000. Même s’ils ont perdu sa trace en Thaïlande, comme le prétend Mueller, la CIA savait qu’il avait un visa pour entrer aux États-Unis et que son compagnon de voyage, le pirate Nawaf al Hazmi, avait un billet d’avion pour Los Angeles.
Malgré cela, la CIA ne l’a pas placé sous surveillance et "n’a pas averti le FBI lorsqu’elle a su que Mihdhar possédait un visa américain valide," selon le rapport de la Commission sur le 11-Septembre. Le rapport de l’inspecteur général révèle que cinq agents du FBI affectés au CTC ont vu des notes de la CIA indiquant que Mihdhar possédait un visa US. Une semaine après la réunion de Kuala Lumpur, Mihdhar et Hazmi ont pris l’avion pour l’aéroport international de Los Angeles et sont entrés aux États-Unis sans aucun problème. Selon le Los Angeles Times, après leur arrivée aux États-Unis, la NSA a intercepté au moins six appels entre le repaire  d’al-Qaïda au Yémen et les Etats-Unis.
De toute évidence, le FBI savait que Mihdhar avait un visa d’entrée aux États-Unis en juillet 2001, et qu’il s’y trouvait le 22 août 2001. Comme la révélé l’enquête conjointe des commissions du Sénat et du Congrès sur le renseignement :
"La CIA a procédé à un nouvel examen de toutes les notes transmises concernant la réunion en Malaisie. Cette mission fut principalement confiée à un analyste du FBI rattaché au CTC. Le 21 août 2001, cet analyste a réunit deux informations majeures : les renseignements que la CIA avait reçus en janvier 2000 indiquant qu’al Mihdhar possédait un visa à entrées multiples pour les États-Unis et l’information reçue en janvier 2000 établissant qu’al Hazmi s’était rendu aux États-Unis. Travaillant avec un agent du Service de l’Immigration (INS) affecté au CTC, l’analyste apprit qu’al Mihdhar était entré aux États-Unis le 15 janvier 2000, en était reparti le 10 juin, et était revenu le 4 juillet 2001."
Mais ni le FBI ni la NSA n’ont apparemment tenté de tracer les appels à destination du repaire d’al-Qaïda [au Yémen] jusqu’au 11-Septembre, alors que le relevé des communications téléphoniques que s’était procuré le FBI confirme que Mihdhar a bien effectué ces appels.
En d’autres termes, le problème ne réside pas dans le fait que le gouvernement manquait d’outils appropriés pour faire son travail (il avait les moyens nécessaire pour tracer les appels de Mihdhar). Le problème, c’est qu’apparemment le gouvernement ne les a pas utilisés.
Il est assez cynique que la communauté du renseignement s’appuie sur ses échecs répétés dans l’évaluation correcte des informations collectées avant le 11/9 pour justifier l’espionnage des américains à grande échelle. Mais la confiance que continue d’afficher Feinstein dans les bobards concernant Mihdhar est encore plus incompréhensible quand on sait que ProPublica (Ndt : organe de presse américain indépendant et sans but lucratif qui se consacre au journalisme d’investigation sur des sujets d’intérêt public) a publié un article réfutant complètement ces allégations peu de temps après les témoignages d’Alexander et de Mueller de juin 2013. Que la Présidente du Comité sur le Renseignement du Sénat ignore des informations avérées provenant de sources publiques pour complaire aux agences de renseignement américaines est dérangeant, d’autant que celles-ci n’ont pas seulement induit en erreur les Membres du Congrès mais également la Cour de Surveillance du Renseignement (Ndt : le FISC – Foreign Intelligence Surveillance Court – est composé de 11 juges qui examinent les demandes de surveillance concernant les américains ou les étrangers représentant une menace pour la sécurité des États Unis et délivre les mandats correspondants).
Mais Feinstein ne se contente pas de colporter de vieux mensonges. Elle attire aussi l’attention sur une déclaration de la NSA affirmant que des douzaines d’attentats terroristes auraient été déjoués grâce à ces programmes de surveillance intérieure, bien que cela ait également été publiquement discrédité. Lors d’une audition devant le Comité Judiciaire du Sénat le 2 octobre 2013, le Sénateur Patrick Leahy (Démocrate, Vermont) a interpellé Alexander sur les affirmations de la NSA selon lesquelles ces programmes auraient permis de déjouer 54 complots terroristes. Leahy a qualifié ces affirmations de "totalement fausses" et a montré que les incidents en question "n’étaient pas tous des complots et n’avaient pas tous été contrecarrés." Seuls 13 d’entre eux avaient un lien avec les États-Unis et un seul cas s’appuyait d’une manière significative sur le programme d’enregistrement des appels téléphoniques. Et même ce cas là ne concernait pas un complot contre les États-Unis, il s’agissait de poursuites pour assistance matérielle au terrorisme à l’encontre d’un individu qui aurait envoyé 8 500$ à al Shabaab en Somalie.
Alexander a du admettre que l’analyse du Sénateur Leahy était correcte, ce qui a conduit ce dernier à dire au directeur de la NSA que l’utilisation de statistiques inexactes par le gouvernement ébranlait sa crédibilité vis à vis du Congrès et du peuple américain. Feinstein était présent quand Alexander a reconnu que ces statistiques étaient trompeuses.
Ces efforts répétés pour tromper le Congrès et le peuple américain renforcent la nécessité que les organes de surveillance du gouvernement soient étroitement encadrés par une législation forte qui mette un terme aux programmes de collecte massive d’information, protège les communications privées des Américains et ajoute plus de transparence et de contrôle public dans ces activités. Les Américains ont droit à la vérité concernant les activités de renseignement de leur gouvernement et le système de contrôle actuel, qui repose sur des lanceurs d’alerte prêts à risquer la prison, n’est pas satisfaisant.

Michael German est un ancien agent du FBI. Il est actuellement conseiller politique au bureau législatif de l’ACLU à Washington.
(ndt : L’ACLU – Union américaine pour les libertés civiles – est une importante association américaine basée à New York dont la mission est de défendre et préserver les droits et libertés individuelles garanties à chaque citoyen par la Constitution et les lois des États-Unis).

Nos articles sur Khalid Al-Mihdhar


Le FBI accusé d'avoir poussé des musulmans... au terrorisme

http://m.sfr.fr/home/u/news/s/monde/a/urn:pwpid:2187847/article-news.html

Le FBI accusé d'avoir poussé des musulmans... au terrorisme
23 juillet 2014

Le FBI accusé d'avoir poussé des musulmans... au terrorisme

UN PEU D'AIDE ? - L'ONG HUMAN RIGHTS Watch reproche aux Etats-Unis d'avoir parfois aidé de potentiels terroristes.
L'INFO. Le scandale de la NSA a montré que les méthodes des services secrets outre-Atlantique ne reculaient DEVANT quasiment rien pour arriver à leur fin. Selon Human Rights Watch, il leur arrive même d'accompagner certains potentiels terroristes musulmans pour les pousser au crime. C'est en tout cas ce qui ressort d'un rapport publié lundi sur la thématique. “Dans certains cas, le FBI a créé des terroristes à partir d'individus obéissants à la loi en conduisant des opérations d'infiltration ou en créant chez la cible la volonté d'agir”, dénonce l'ONG qui a étudié avec précision 27 des 500 cas de terrorisme jugés aux Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001. Selon elle, dans de nombreux cas, l'agent infiltré joue un rôle actif dans le montage du complot. Ca a notamment été le cas dans l'affaire du “Newburgh Four”, au cours de laquelle quatre personnes ont été arrêtées en 2009. Pour mieux comprendre les agissements du FBI, Europe1.fr a décortiqué l'histoire.
Un ancien drogué. Tout commence en juin 2008. James Cromitie, un ancien drogué de 45 ans qui avait admis devant un psychiatre avoir eu des visions et entendu des voix, rencontre sur le parking d'une mosquée de New York un certain Shahed Hussain. Ce qu'il ne sait pas, c'est que ce dernier n'est autre qu'un informateur du FBI qui tentait depuis un certain temps d'entamer des discussions sur le djihad avec les personnes qu'il RENCONTRAIT à cet endroit.
Pendant plusieurs mois, les deux hommes échangent régulièrement. Dans les premiers temps, Cromitie se montre très haineux vis-à-vis des Etats-Unis et raconte notamment à l'informateur de fausses histoires dans lesquelles il aurait tué le fils d'un dealer de drogue et posé des bombes dans des postes de police de New York.
Pas convaincu par le djihad. Flairant le bon client, l'informateur Hussain tente alors de convaincre Cromitie de transformer son discours en acte. Dans leurs discussions, il le pousse de manière répétitive à avoir recours à la violence “au nom de l'Islam”. “Allah se chargera de ça”, lui répond à plusieurs reprises l'homme de 45 ans.
A force de voir son interlocuteur insister sur la question du djihad, James Cromitie finit même par lui répondre que mourir en martyr “ne changera rien du tout”. Dans l'une de leurs discussions, il ajoute également : “peut-être que ce n'est pas ma mission. Peut-être que ma mission n'est pas encore arrivée”.
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250.000 dollars contre un attentat. Pourtant, en 2009, Hussain finit par proposer 250.000 dollars à Cromitie pour que ce dernier mette en oeuvre un complot que l'informateur a organisé. L'objectif est simple : il faudra tirer des roquettes sur une base militaire de la région et placer des bombes dans une synagogue du Bronx.
Sur le coup, James Cromitie semble enthousiasmé par l'idée, topant même la main de Hussain en signe d'accord. Mais rapidement, il prend de la distance avec l'informateur, ne pouvant pas se résoudre à l'idée de mettre en oeuvre le complot. Il disparaît pendant six semaines et refuse de répondre à Hussain qui essaye pourtant de le joindre régulièrement.
“Mon frère”. L'histoire se corse pour une raison simple : Cromitie n'arrive plus à joindre les deux bouts. Récemment viré par son employeur, il ne voit plus comment s'en sortir. Il finit par rappeler Hussain, lui dit qu'il est ruiné et qu'il a besoin d'argent. “Je te l'avais dit, je peux te faire GAGNER 250.000 dollars, mais tu ne les voulais pas, mon frère. Que veux-tu que je te dise ?”, lui répond alors l'informateur du FBI.
Dans la même discussion, Hussain ajoute qu'il commence à être inquiet pour sa propre sécurité et que Cromitie pourrait lui aussi se trouver en danger si l'attaque terroriste n'était finalement pas menée à terme. Ce dernier accepte enfin l'offre définitivement, mais précise qu'il veut que personne ne soit blessé pendant l'opération.
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Les pieds nickelés. Pour organiser le complot, Cromitie recrute alors trois autres hommes, à qui il promet de partager le butin. Le premier, David Williams, a un frère malade d'un cancer du foie qui a besoin d'une transplantation. Les deux autres, Onta Williams (sans lien avec David Williams) et Laguerre Payen, sont intéressés par l'argent.
L'équipé formée n'est pas pour autant efficace. Alors que l'informateur demande une douzaine de fois à Cromitie d'acheter un pistolet, ce dernier en est incapable. Au final, Hussain fait quasiment tout : il choisit les cibles, organise le complot et fournit les (fausses) armes. Il va jusqu'à emmener en voiture les FUTURS “terroristes” pour qu'ils prennent des photos de la base aérienne ciblée ou se familiarisent avec les armes qu'ils vont utiliser.
25 ans de prison. Fin mai 2009, tout est en place. Alors que les quatre hommes s'apprêtent à quitter la synagogue dans laquelle ils ont placé de fausses bombes pour se diriger vers la base aérienne, ils sont arrêtés par la police. Jugés pour conspiration, ils ont tenté de faire jouer la procédure dite “du piège”, selon laquelle on peut être blanchi si l'on prouve avoir été guidé dans la réalisation de l'acte.
La Cour fédéral de Manhattan ne l'a pas entendu de cette oreille et les a chacun condamné à 25 années de prison reconnaissant pourtant que “de vrais terroristes ne se serait sûrement pas embêtés avec une personne aussi stupide” que Cromitie.
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Le FBI déjoue encore un complot terroriste… du FBI

http://www.reopen911.info/News/2011/11/27/le-fbi-dejoue-encore-un-complot-terroriste-du-fbi/
Retour sur une étrange affaire de terrorisme survenue aux USA en septembre dernier, au cours de laquelle on a pu une fois de plus admirer le FBI déjouant un complot… du FBI ! En fait, cela revient comme une rengaine, et les exemples commencent à être si nombreux que certains grands médias occidentaux prennent depuis quelque temps des pincettes pour nous raconter les soi-disant "prouesses" du Bureau en matière de contre-terrorisme. Cette fois, il s’agissait d’un jeune étudiant en chimie, Rezwan Ferdaus, bostonien de 26 ans, qui aurait préparé un ‘violent djihad’ contre le Capitole et le Pentagone au moyen d’avions téléguidés, un projet fort heureusement déjoué grâce à un agent du FBI infiltré, dixit le communiqué laconique des autorités américaines. La ficelle est un peu grosse, mais les conséquences de cette politique sont bien réelles. Le journaliste, juriste et écrivain Glenn Greenwald revient sur le rôle du FBI dans ce terrorisme "maison", sur la perte de droits civils consécutive à cesaffaires récurrentes aux USA, mais aussi sur la définition à deux vitesses du "terrorisme" selon qu’on se place du côté des USA ou de ses "ennemis".
Rezwan Ferdaus, un apprenti terroriste armé par le FBI ?


Le FBI déjoue son propre complot terroriste 

par Glenn Greenwald, sur 911TruthNews, le 29 septembre 2011
 (Source Salon.com)
Traduction Vincent pour ReOpenNews
Le FBI a fait l’objet de nombreuses critiques ces dix dernières années – dans l’ensemble justifiées – mais personne ne peut nier son degré d’excellence dans la façon qu’elle a de contrecarrer ses propres complots terroristes. À maintes reprises, le FBI a concocté une attaque terroriste, infiltré la communauté musulmane pour y dénicher des recrues, les a persuadées de perpétrer un attentat en leur fournissant argent, armes et tout le savoir-faire dont ils avaient besoin – tout cela pour surgir au dernier moment, comme des héros de cinéma, interpeller les soi-disant auteurs pervertis par ce même FBI, et se poser en sauveur de la nation en la protégeant du complot qu’il avait lui-même fomenté.
L’année dernière, après plusieurs mois d’encouragement, de soutien et d’appui financier, le FBI a poussé un Américano-Somalien de 19 ans à faire exploser une bombe lors d’un événement populaire pendant les Fêtes de Noël à Portland, dans l’Oregon, avant de l’arrêter au tout dernier moment et d’émettre un communiqué de presse vantant ses mérites dans cette opération. [De même], fin 2009, le FBI avait convaincu un citoyen jordanien âgé de 19 ans, Hosam Maher Husein Smadi, de placer une fausse bombe dans un gratte-ciel de Dallas, et dans le même temps le FBI a convaincu un citoyen de 34 ans né au Pakistan, naturalisé américain de faire sauter une bombe dans le métro de Washington. Et aujourd’hui, le FBI vient à nouveau nous sauver de son propre complot terroriste en arrêtant le citoyen américain de 26 ans, Rezwan Ferdaus, après avoir passé des mois à lui fournir les plans et les matériaux pour attaquer le Pentagone, les troupes américaines stationnées en Irak, et peut-être le Capitole au moyen d’avions téléguidés bourrés d’explosifs.
Aucune de ces affaires ne correspond à un scénario où le FBI aurait découvert un complot en cours et aurait alors cherché à l’infiltrer pour le déjouer. Dans tous les cas, ou retrouve une volonté manifeste du FBI de recruter des musulmans (généralement jeunes et influençables) pour lesquels il estime qu’ils en veulent suffisamment aux Etats-Unis pour pouvoir être poussés à se lancer dans une attaque, bien qu’ils n’aient pas encore commis de délit, du moins jusqu’à ce que le FBI les identifie. Chaque fois que le FBI annonce qu’il a démantelé son propre complot, la couverture médiatique devient inévitablement hystérique (nouvelle interpellation d’un terroriste local), le niveau de psychose augmente invariablement, et la seule réponse offerte est la mise en place de nouvelles mesures de sécurité (le complot terroriste mis en place par le FBI VISANT le métro de Washington DC a par exemple, entraîné l’annonce par la Police métropolitaine d’une nouvelle politique de fouilles aléatoires des bagages des passagers). J’ai plusieurs observations à faire et questions à poser à ce propos :
(1) Pour l’essentiel, le dernier complot fomenté par le FBI impliquait des attentats contre des cibles militaires : le Pentagone, des troupes américaines stationnées en Irak, et éventuellement des bases militaires. Les États-Unis sont – comme ils le clament continuellement à la face du monde –une nation en guerre. Dans cette guerre, le Pentagone constitue le quartier général, et ses troupes stationnées à l’étranger sont les soldats qui y prennent part. Comment ces attentats sur des cibles strictement militaires et de combat peuvent-ils être raisonnablement étiquetés de ‘terroristes’ ou même jugés ‘illégitimes’ ? Cela fait longtemps que les États-Unis s’attaquent exactement à ce genre de cibles dans de nombreux territoires à travers le monde ; ils ont délibérément tenté de tuer Saddam Hussein et Kadhafi lors de croisades contre leurs pays (ils ont même sciemment fait exploser un immeuble entier de la banlieue pour supprimer Saddam Hussein, qui ne s’y trouvait d’ailleurs pas). Quelle est la définition exacte d’un ‘terrorisme’ qui exclut les attentats perpétrés par les États-Unis tout en incluant ceux visant le Pentagone ou d’autres cibles militaires (ou encore, l’attentat de Nidal Hasan à Fort HOOD d’où les soldats partent pour les zones de guerre) ?
(2) En ce qui concerne les bâtiments ciblés qui ne seraient pas strictement des objectifs militaires – le Capitole, par exemple – peut-on parler de cible de guerre « légitime » au regard des standards extrêmement vagues unilatéralement décrétés par les États-Unis et leurs alliés ? L’assaut américain ‘choc et stupeur’ sur Bagdad a détruit ‘’plusieurs édifices gouvernementaux et palais construits par Saddam Hussein’’; au troisième jour de cette guerre, ‘’les bombes américaines ont totalement détruit les principaux édifices gouvernementaux à Bagdad.’’ En Libye, l’OTAN a bombardé à plusieurs reprises des édifices gouvernementaux non militaires. A Gaza, les avions de guerre israéliens ont visé un poste de police occupé par des recrues policières en arguant du fait que les cibles admissibles ‘incluent les institutions strictement militaires et les institutions politiques qui fournissent le financement logistique et les RESSOURCES HUMAINES au Hamas’’.
Évidemment, on peut justifier chaque conflit avec un regard différent, mais le Congrès américain qui FINANCE, supervise, et réglemente les guerres de l’Amérique – ne constitue-t-il pas une cible de guerre légitime au regard des (inopportunes) définitions vagues que les États-Unis et ses alliés ont imposées pour justifier leurs attaques ? Si les dirigeants politiques et les fonctionnaires des nations avec lesquelles les États-Unis sont en guerre constituent des cibles légitimes, cela ne signifie-t-il pas que les responsables du Pentagone et, sans doute, ceux du Congrès le sont aussi ? 
(3) Le fait que ce complot mettait en scène ‘’des appareils téléguidés bourrés de pains de plastique’’ est trop gros pour être commenté ; en fait, la seule question qui mérite d’être posée est de savoir si le gouvernement américain peut poursuivre Ferdaus pour avoir transgressé les brevets de pilotage de drones. Au-delà de l’ironie de cette situation, il n’est pas d’expression assez forte pour qualifier l’abjection nécessaire à vouloir s’en prendre à de tels édifices au moyen de mini-avions téléguidés.
(4) Les ressources du FBI ne seraient-elles pas mieux employées à détecter et démanteler de véritables complots terroristes – s’il en existe – plutôt que d’en fabriquer de toutes pièces pour ensuite les déjouer ? Cultiver la haine envers les États-Unis et vouloir leur nuire (ou tout autre pays) n’est de fait pas un crime ; tout au plus, cela constitue-t-il un crime de la Pensée. Il ne devient un crime que lorsque l’on franchit la frontière en transformant le projet en réalité. Des millions de gens, à un certain stade, cultivent le désir de nuire à d’autres par la violence, mais ne passent jamais à l’acte : peut-être est-ce même vrai pour une majorité d’êtres humains. Beaucoup d’entre eux n’agiront jamais en l’absence du type d’appui hautement sophistiqué et expert dont seul le FBI est capable. Fabriquer des criminels – contrairement à la recherche et à l’arrestation de véritables criminels – constitue-t-il réellement une activité prudente pour le maintien de la loi ?
(5) Le FBI consacre-t-il autant de ressources pour infiltrer les communautés non-musulmanes afin de convaincre et inciter leurs extrémistes à devenir des terroristes pour pouvoir ensuite les arrêter ? Infiltrent-ils le monde de l’antiavortement, ou le monde du christianisme radical, ou les radicaux de droite antigouvernementaux, en essayant de les recruter en vue de perpétrer des complots terroristes montés de toutes pièces ?
(6) Comme d’habitude, la presque totalité de la couverture médiatique des complots du FBI est aussi sensationnelle que partisane. Le premier paragraphe de l’article du New York Times sur cette affaire décrivait le complot dans ces termes ‘’pour rayer de la carte le Pentagone et le Capitole’’. Mais les charges du FBI contre Affidavit (reproduites ci-dessous) montrent clairement que le plan de Ferdaus consistait à envoyer un seul modèle réduit d’avion (tout au plus de la taille d’un dixième d’un véritable jet américain) sur le Capitole et deux du même type sur le Pentagone, chacun chargé de ‘’2.5 kilos’’ d’explosifs (# 70) ; le Capitole DEVAIT subir l’attaque au niveau de son dôme pour garantir l’ « effet psychologique » (# 34). Les États-Unis lancent régulièrement des bombes de 250 kilos ou 500 kilos depuis leurs avions de chasse ; ce complot – même s’il avait été parfaitement exécuté par une personne autre qu’un loup solitaire sans expérience – ne pouvait en aucun cas, ‘rayer de la carte’ à la fois le Capitole et à distance, le Pentagone.
(7) Comme on le découvre désormais dans presque chaque affaire de prétendu complot terroriste contre les États-Unis – en particulier ceux des « terroristes locaux » – le mobile se trouve être un sentiment de colère incontrôlé (et un désir de vengeance) contre la violence permanente exercée par les États-Unis contre des civils musulmans. Voici, disséminées au travers de l’accusation Affidavit, quelques indications quant aux mobiles de Ferdaus, dont sa jubilation à l’idée de tuer des soldats américains en Irak ; son aveu exprimant son ‘’vif intérêt de se rendre en Afghanistan’’ pour aider les insurgés ; sa déclaration selon laquelle ‘’il désirait ‘décapiter’ le ‘centre militaire’ du gouvernement américain et perturber sérieusement…la tête et le cœur du serpent’’ (# 34) (comparez les éléments de langage avec la façon dont les États-Unis ont décrit ce qu’ils ont essayé de faire à Bagdad). Utiliser des drones pour décapiter la structure dirigeante et l’infrastructure gouvernementale d’une nation en guerre ; on peut se demander d’où lui vient cette idée.
Selon le FBI, voici comment Ferdaus s’est exprimé lorsque lui fut clairement demandé pourquoi il voulait commettre un attentat contre les États-Unis :
Parce que ca aurait été une énorme secousse… le truc, c’est que vous voulez les effrayer pour qu’ils sachent qu’ils ne doivent pas foutre le bordel… Ils ont… tué des gens de chez nous, des innocents, hommes, femmes, enfants ; ils sont tous des ennemis (# 19).
Si les allégations du FBI sont exactes, il ne fait alors aucun doute que la haine de Ferdaus s’est renforcée ; il parle de sa volonté de tuer des civils américains parce qu’ils sont devenus une fraction de l’ennemi, et affirme que de tels attentats faisaient partie de ses fantasmes bien avant que l’informateur du FBI ne lui ait parlé.
Vrai ou pas, il est simplement illusoire de croire que l’on peut clamer haut et fort pendant une décennie NOUS SOMMES EN GUERRE –, lancer des bombes et des attaques de drones, décimer des familles dans nombre de pays musulmans (après avoir occupé, interféré politiquement et tué un grand nombre de personnes) – sans que cela ne donne naissance à toujours plus de Rezwan Ferdaus. En fait, la seule chose surprenante est qu’il en existe tellement peu qui sont capables et désireux de s’attaquer [aux USA] que – dans le but de justifier cette interminable guerre contre les libertés civiques (et le terrorisme) – le FBI est obligé de rechercher ceux qu’ils peuvent recruter, convertir, persuader, FINANCER, et diriger pour mener à bien ces complots.
Glenn Greenwald

Traduction Vincent pour ReOpenNews  (Ndlr : pour certains des liens URLs, se reporter à l’article original)

En lien avec cet article :

Etats-Unis : le terroriste piégé par le FBI visait le Capitole

Publié le 17.02.2012

Un homme soupçonné d'avoir voulu perpétrer un attentat a été arrêté vendredi près du Congrès américain à Washington alors qu'il était sous filature dans le cadre d'une "ENQUÊTE terroriste", a-t-on appris auprès du FBI, la police fédérale américaine.
«Cette arrestation est le résultat d'une opération secrète pendant laquelle le suspect était surveillé de près par les forces de l'ordre», a indiqué une porte-parole du FBI. 

«Les explosifs qu'il est soupçonné d'avoir voulu utiliser dans la tentative d'attentat avaient été rendus inutilisables par les forces de l'ordre et ne posaient plus de menace pour la population», a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Selon le Washington Post, citant un responsable américain sous couvert d'anonymat, l'homme d'une trentaine d'années d'origine marocaine croyait avoir affaire à un membre d'Al-Qaïda. Mais c'était un agent du FBI agissant sous une fausse identité auquel il a a confié qu'il voulait perpétrer un attentat contre le Capitole, le siège du parlement américain.
Il a été arrêté près du ministère du Travail, non loin du Capitole, avec l'intention de mener un attentat-suicide, selon la même source. L'agent du FBI qui le surveillait lui a donné des explosifs désamorcés ainsi qu'un pistolet, et l'a filé vendredi dans la capitale américaine jusqu'à son arrestation vers 12H00 (18H00 heure française), a précisé la même source.
La police chargée de la sécurité au Congrès a souligné dans un communiqué qu'elle avait été impliquée depuis le début dans cette opération «longue et approfondie» et «qu'à aucun moment le public ni le personnel du Congrès n'avaient été en danger».
Les autorités ont refusé de donner de plus amples renseignements, invoquant L'ENQUÊTE en cours.

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